Il est loin le temps où la sécurité sociale et la mutuelle remboursaient intégralement la plupart des soins courants de santé. Pour tenter d'équilibrer les comptes de la sécurité sociale, les gouvernements successifs ont mis en place des mesures qui visent à impliquer davantage les patients, à les impliquer financièrement, les impliquer en diminuant certains remboursements - ce qui passe par : les franchises médicales depuis janvier, des forfaits sur des actes médicaux, consultations ou analyses. Et ce sentiment donc que se soigner revient plus cher et que le patient - consommateur de santé - c'est aussi comme ça qu'on le présente - doit sortir toujours un peu plus de sa poche. Et ce qu'il sort de sa poche, on appelle ça le : « reste à charge ». Christian Saout explique très bien de quoi il s'agit. Il est président du collectif interassociatif sur la santé (interview). Autre exemple, très concret, qui concerne les personnes âgées - inutile de rappeler qu'elles sont de plus en plus nombreuses - personnes âgées qu'on souhaite maintenir à domicile le plus lontemps possible même quand elles sont seules. Sauf qu'elles ont forcément des médicaments, des traitements à prendre et que parfois, elles se trompent, que ces erreurs peuvent entrainer des malaises ou pire. Eh bien même si le médecin traitant demande à une infirmière de passer au domicile de la personne pour vérifier et donner les médicaments, ce n'est pas pris en charge. Valérie est infirmière libérale. Elle fait le compte de ce que ça coûte à la personne âgée (interview). Environ 200 à 300 euros par mois, un budget très important. Conernant le remboursement, aucun n'est possible si c'est juste pour donner les médicaments, sans aucun autre soin. Parfois les infirmières, souvent très embêtées, s'arrangent (interview). Les associations de malades, en particulier de malades chroniques, constatent donc de plus en plus l'augmentation de ce « reste à charge » - autour de 500 euros par an. Pour les diabétiques, le président de l'association française des diabétiques, Gérard Raymond, s'inquiète non seulement de l'aspect financier mais aussi d'une sorte de culpabilisation des malades (interview). Les dépenses de santé augmentant sans cesse, il faut peut-être réfléchir à d'autres formules. C'est ce que fait Martin Hirsch, Haut-Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, par exemple, en proposant un " bouclier sanitaire ": qui ferait que, ce qui reste à payer, dépendrait des revenus de chacun. Il ne reste pas tant à payer en fonction de l'acte médical, mais il reste plus ou moins à payer, plus si vous gagnez par ex 5000 euros par mois, moins si vous n'en gagnez que 1000. C'est une inversion du système, ça suscite des réactions, mais c'est une piste pour réduire les inégalités d'accès aux soins. Une enquête de Danielle Messager.

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