La qualification de l'Italie ce week-end à l'Euro 2008 de foot n'abaisse pas la vigilance des pouvoirs publics. L'Italie a connu une flambée de violences après la mort d'un supporter de l'équipe de la Lazio Rome, tué, il y a 8 jours sur une aire de repos. C'est à Rome que les affrontements ont été les plus violents : le siège olympique a été incendié, des casernes de carabinieri attaquées. Les responsables du foot italien se prétendent plus victimes que coupables. D'abord parce que les phénomènes de violence dans les stades italiens ne sont pas vraiment une nouveauté, et des mesures draconiennes avaient déjà été prises à la rentrée : billet nominatif, on achète son billet numéroté sur présentation de papiers et justificatifs de domicile, tourniquets, vidéos de caméras surveillance, plus de moyens aux préfets. Du coup, les violences avaient diminué de 80% dans les tribunes, les affrontements s'étaient déplacés en dehors du stade. Seuls les joueurs de l'équipe d'Atalante à Bergame ont fait preuve de courage. Ils ont, dans une lettre ouverte, demandé que leurs supporters ultras soient interdits de stade. Et le président de Bergame a demandé aux autres clubs de faire pareil. Raté, l'Inter à Milan a répliqué que les tribunes étaient la propriété de tous. Une certitude désormais, les groupuscules extrémistes ont infiltré les supporters ultras. De militants fascistes, vous devenez supporter grâce à une écharpe et un bonnet. 4 ultras ont été inculpés pour terrorisme cette semaine, une première. Il y a aussi tous les suiveurs, cette génération perdue dans une société italienne de plus en plus précaire. Le chômage des jeunes ne cesse de progresser, le pays traverse aussi une crise politique. Le discrédit qui frappe les institutions est fort. Dans cette histoire on a toutes les nuances de la société italienne. Nonchalante et violente. Des bouillons de révolte prêts à exploiter le moindre fait divers. Un supporter tué par un policier, rébellion contre les forces de l'ordre. Une italienne tuée par un rom, vague de violence xénophobe anti-roumain. Le remède n'est pas miracle. Il dépend d'une volonté politique. Forte. Un dossier d'Eric Valmir, correspondant permanent à Rome en Italie.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.