La convention des droits de l'enfant, approuvée à l'unanimité par les Nations Unies en 1989, fête ses 20 ans. Mais 1 milliard d'enfants sont toujours privés de services essentiels à leur survie, comme en Haïti, pays le plus pauvre de l'hémisphère nord et à seulement 1 heure d'avion de Miami. Les enfants y représentent près de la moitié des 9 millions d'habitants. 70% n'ont pas accès à l'eau potable, la santé, l'éducation. Des enfants sont utilisés comme domestiques, maltraités. Beaucoup vivent dans les rues, 4000, rien qu'à Port-au-Prince, la capitale. Ils se regroupent dans ce qu'on appelle des "bases": vastes bidonvilles où les plus grands font la loi, avec des conditions de vie plus que précaires, comme l'explique Margot Charlot de l'association Aide médicale internationale (interview). Exclues parmi les exclus : les filles, soumises à ce climat de violence. Denysia a 19 ans, 2 enfants. Elle vit dans une base depuis l'âge de 9 ans, quand elle s'est retrouvée seule à la mort de ses parents (interview). Dans le centre d'aide médicale internationale, aidé financièrement par l'Unicef, les enfants des rues, trouvent, pour quelques heures, un semblant de vie normale (interview). On quitte Port-au-Prince. 3 heures de route qui permettent de découvrir ces paysages des caraïbes qui pourraient faire une vie « belle », s'il n'y avait pas la misère provoquée par la violence politique et celle, naturelle des cyclones. A Jacmel, une brigade de protection des mineurs a été créée il y a 7 ans. On part en patrouille avec sa responsable, forte femme sanglée dans son uniforme, Marjorie Ladouceur (interview). Ce jeune garçon, Wesley, sortira peut-être de la rue, beaucoup d'autres y resteront. Quand on demande à ces enfants, pour qui la notion de droit n'a aucun sens, ce qu'ils veulent faire plus tard, les garçons répondent « policier », les filles « docteur ». Heureusement, les enfants ont des rêves. ____Un reportage de Danielle Messager avec l'Unicef.

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