Chaque année, dans le département, il y a 2.500 élèves supplémentaires
Chaque année, dans le département, il y a 2.500 élèves supplémentaires © maxppp

Une journée de grève est prévue jeudi dans les établissements scolaires de ce département, où la ministre de l'Education nationale se déplace ce matin. Najat Vallaud Belkacem doit annoncer des mesures spécifiques de recrutement pour le 93.

Le manque de professeurs est criant. A la rentrée, 450 postes étaient vacants dans les écoles primaires. Le rectorat a dû recruter en urgence des contractuels.

Une grève dans tout le département

Didier Brock, le directeur d'une école maternelle de la Courneuve sera en grève demain. Il est aussi représentant du SNUipp, le principal syndicat du primaire. Comme ses collègues, il réclame un véritable plan d'urgence, une dotation exceptionnelle en postes pour la Seine St Denis. Car deux mois après la rentrée, la situation est toujours très tendue. Dans ces classes, les professeurs ne sont pas suffisamment remplacés. Les parents sont très inquiets. A l'image de Chama Akebli qui est maman de deux enfants à la maternelle. Elle s'inquiète du manque de moyens de ces écoles du 93.

En Seine-Saint-Denis, 30% des enseignants ont moins de 35 ans

Le problème n'est pas nouveau. Mais aujourd'hui, les enseignants et les parents ont le sentiment que les choses s'aggravent. Par exemple, Paul Devin, secrétaire général du syndicat national des inspecteurs, alerte depuis plusieurs années sur ces difficultés de remplacement.

En Seine-Saint-Denis, 30% des enseignants ont moins de 35 ans, c'est trois fois plus qu'au niveau national. Dans une profession très féminisée, les absences pour congé maternité sont donc multipliées. Mais ce n'est pas la seule raison, comme l'explique Paul Devin :

"Depuis cinq ans, il y a presque 2.500 nouveaux élèves chaque année dans les écoles de Seine-Saint-Denis. "

La conséquence est immédiate : il y a plus d'élèves par classe, selon l'inspecteur : " Les taux d'encadrement sont en train d'augmenter année après année."

Il y a aussi un problème d'attractivité de la Seine St Denis. Les concours de recrutement ne font pas le plein. Sur les postes créés, il n'y a pas assez de candidats. Résultat, le rectorat embauche des contractuels, non formés qui arrivent du jour au lendemain dans les classes. Dans son collège, Benoît Guilouet, professeur d'histoire-géographie, depuis 13 ans en Seine-Saint-Denis, observe ce phénomène. "On se retrouve de plus en plus souvent avec des équipes qui s'apparentent à un morceau d'emmenthal c'est-à-dire qu'il manque beaucoup de gens."

Au quotidien, ce sont les enseignants titulaires qui épaulent les personnels précaires, comme le dit cette jeune contractuelle. En quelques mois, elle a connu trois niveaux de classe différents. " Heureusement que sur le terrain, on a les anciens car nous n'avons pas d'expérience." Le système tient encore justement grâce aux enseignants qui ont de l'expérience et qui peuvent aider les nouveaux venus. Mais pour combien de temps ? L'urgence est réelle.

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