L'influence des sectes sur les mineurs. Depuis le début du mois, une commission d'enquête parlementaire planche sur le sujet. Est notamment pointée du doigt la multiplication de psycho-thérapeutes adeptes de la manipulation mentale. Un phénomène est encore méconnu : les « faux-souvenirs induits ». Ce phénomène des « faux souvenirs induits » est signalé officiellement pour la première fois dans le dernier rapport de la MIVILUDES - la mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires. De quoi s’agit-il ? De techniques d’autosuggestion qui font croire à une personne qu’elle a été victime de matraitances ou d’abus sexuels par ses parents dans son enfance. Ce traumatisme est censé être la source de tous ses problèmes. Exemple avec cette femme qui tient à rester anonyme, accusée par sa propre fille (interview). Et la conséquence de tout cela, c’est évidemment l’explosion de la cellule familiale. Des parents placés en garde à vue, mis en examen puis finalement blanchis par la justice. Face à l’ampleur du phénomène, une association s’est créée en juillet 2005 - « Alerte Faux souvenirs induits ». Difficile de briser le silence sur cette question, explique la présidente de l’association Claude Delpech (interview). Claude Delpech a été entendue le 5 septembre dernier par la commission d’enquête. Une centaine de familles ont déjà pris contact avec son association (interview). Est-ce qu’on peut dresser un portrait-type de la victime de ces « faux souvenirs induits » ? Chaque cas est bien sûr différent, disons qu’en moyenne, il s’agit plutôt d’une femme, entre 30 et 35 ans, diplômée, ayant une bonne situation professionnelle mais qui traverse une mauvaise passe sentimentale ou se sent tout simplement un peu déprimée. Et qui se tourne alors vers un psycho-thérapeute pas toujours bien intentionné Et c’est là que les dérives commencent. Avec la multiplication de « charlatans de la médecine » adeptes (par exemple) de la cristallo-thérapie, de l’astro-thérapie ou utilisant des techniques venues des Etats-Unis inspirées de la mouvance « new age » comme le re-birth « nouvelle naissance » - comptez une cinquantaine d’euros la séance. Un marché très juteux que dénonce Guy Rouquet, le président de l’association « Psychothérapie vigilance » (interview). Quelle marge de manœuvre pour les pouvoirs publics ? Les associations attendent avec impatience la publication des décrets d’application de l’amendement Accoyer règlementant les psychothérapies. De son côté, le rapporteur de la commission d’enquête, le socialiste Philippe Vuilque promet de proposer des pistes pour tenter de faire le ménage dans la « jungle » des psycho-sectaires (interview). La commission d’enquête rendra son rapport d’ici la fin décembre. Un dossier de Benoît Collombat.

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