Des touristes chinois sur la rive frontalière nord-coréenne.
Des touristes chinois sur la rive frontalière nord-coréenne. © Radio France / Dominique André

La Corée du Nord n'en finit plus de provoquer la communauté internationale. L'ONU envisage d'autres sanctions économiques après un nouvel essai de tir de missile. C'est aussi la position de la Chine, allié de Pyongyang. Mais qu'en est-il vraiment à la frontière entre les deux pays?

Le 15 avril dernier, jour anniversaire de la naissance de Kim-Il-Sung, fondateur du régime communiste nord-coréen, les autorités de Pyongyang ont procédé à un nouvel essai de tir de missile moyenne-portée . Il a échoué. Le missile a explosé en plein vol mais il intervient après une série de provocations de la dictature militaire qui a déjà procédé à quatre essais nucléaires.

Condamnations unanimes

Les experts s'attendent à ce que le leader communiste Kim-Jong-Un tente d'effacer ce revers en exigeant un cinquième essai nucléaire avant le congrès du parti des travailleurs, prévu en mai . Une possibilité avancée aussi dans les médias sud-coréens. Les États-Unis promettent déjà une "réponse ferme" . Samedi, le conseil de sécurité des Nations Unies a également condamné les manoeuvres militaires de Pyongyang.

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Dans une déclaration commune, les six membres du conseil de sécurité de l'ONU se disent "prêts à adopter de nouvelles mesures significatives" contre la Corée du Nord . La Chine, allié et premier partenaire commercial de Pyongyang a signé cette déclaration. Début avril, Pékin avait déjà annoncé l'interdiction du commerce de charbon, de minerai, de carburant ou encore de terres rares entre les deux pays.

La contrebande? C'est quasiment impossible maintenant. Un chauffeur routier chinois

Dandong, à plus de six heures de train de Pékin est la plus grosse ville chinoise sur la frontière du nord-est . 70% du commerce sino-nord-coréen transite par cet endroit. Chaque jour, les camions empruntent le pont de l'Amitié, qui relie les deux rives du fleuve Yalu. Depuis quelques semaines, ces routiers transfrontaliers constatent une forte baisse du trafic et de l'activité.

A la frontière entre la Chine et la Corée du Nord.
A la frontière entre la Chine et la Corée du Nord. © Radio France / Dominique André

Un chauffeur, rencontré à Dandong est formel. "Bien sûr que les sanctions ont des conséquences. On a moins de boulot, avant on bossait cinq jours par semaine, maintenant on fait juste deux ou trois allers-retours avec la Corée du Nord . On peut passer des vêtements, du carrelage et des produits pour la vie quotidienne" . Ce professionel observe que"le gouvernement chinois a pris ça au sérieux. Avant, les douaniers contrôlaient 5% de la cargaison. Maintenant c'est 90%" , poursuit-il.

Nous respectons les résolutions de l'ONU. Un fonctionnaire du parti communiste local

Le succès des sanctions dépend largement de la Chine. Pour Monsieur Wang, fonctionnaire du parti communiste à Dandong, il n'y a pas de doute, "les sanctions sont appliquées ici" . Le discours des autorités chinoises est le même. Pékin a en effet durci le ton face à l'accélèration du programme nucléaire de son turbulent voisin. Pour autant, la Chine s'est longtemps opposée à des sanctions fermes, arguant de considérations humanitaires.

Les échanges avec la Chine sont vitaux pour une Corée du Nord à l'économie exsangue . En 2014, la Chine représentait plus de 90% du commerce extérieur nord-coréen. Et selon les douanes chinoises, Pékin a importé, en 2015 pour 2,56 milliards de dollars de marchandises produites chez son voisin, dont 1,05 milliard de dollars de charbon. En première ligne, à la frontière, Monsieur Wang admet que "bien sûr les nord-coréens ne sont pas satisfaits de la Chine".

1 400 kilomètres de frontière__

A la version officielle, il faut aussi ajouter la réalité du terrain. C'est une frontière de 1 400 kilomètres, difficile à contrôler qui sépare la Chine et la Corée du Nord. Des marchandises sortent et entrent illégalement dans les deux sens . A Dandong, ville sulfureuse, des hommes d'affaires et des espions nord-coréens tentent de continuer le business. "Il faut faire attention à ce que tu dis et ce que tu fais" , explique prudemment Monsieur Li, le gérant d'un pub.

On les appelle pour montrer que les Chinois sont gentils.

Des touristes chinois à la frontière nord-coréenne.
Des touristes chinois à la frontière nord-coréenne. © Radio France / Dominique André

Tous les jours, dans cette ville à l'atmosphère étrange, un bateau de tourisme navigue sur le fleuve-frontière qui sépare les deux pays. A bord, les visiteurs chinois font des signes aux nord-coréens qui ne répondent pas. Cette touriste, venue ici pour "voir les gens qui vivent de l'autre côté" , tente d'entrer en contact. "On crie, on les appelle pour montrer que les chinois sont des gens gentils. Avant ils étaient sympathiques. Ils nous répondaient. Maintenant ce n'est plus le cas. Il y a beaucoup de soldats. C'est très fermé".

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