Petites mains, bénévoles, les militants ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts pour porter leur candidat vers l'Elysée. Sébastien Sabiron a passé la semaine avec eux.

Une dernière ligne droite avant le premier tour très rude pour les militants des candidats, des porte-paroles essentiels
Une dernière ligne droite avant le premier tour très rude pour les militants des candidats, des porte-paroles essentiels © AFP / Gabriel Bouys

Toute la semaine, France Inter a suivi des militants pour la dernière ligne droite de cette présidentielle, une semaine avant le 1er tour.

Bénévoles, petites mains, les militants des cinq "gros" candidats à la présidentielle sont investis, passionnés, mais aussi en proie au doute parfois, durant cette campagne hors-norme et pour ce dernier coup de collier.

A Bobigny, sur la Péniche Insoumise de Jean-Luc Mélenchon amarrée sur les bords du canal de l’Ourcq, ce militant affirme : "Ce qui m’a donné envie de rejoindre la campagne, c’est le fait que j’ai senti que cette fois-ci, très clairement ça pouvait être la bonne".

Moi je colle des affiches la nuit, et des gens s‘arrêtent, klaxonnent, nous encouragent, j’ai jamais vécu ça

"Le tous-pourris, on a eu à se le coltiner se le coltiner pendant des semaines. Il a fallu rabâcher, renvoyer au programme, ça n’a pas été simple du tout".

Les "helpers" de Macron

En ce lundi de Pâques, Emmanuel Macron, lui, était à Bercy : ambiance « show à l'américaine » devant 20.000 supporters, dont beaucoup assistent à leur premier meeting. La plupart des bénévoles ont moins de 30 ans. D'ailleurs ici, on ne dit pas "bénévole", on dit "Helpers" : un jargon très ‘start-up’ à l'image d'Emmanuel Macron.

Ils le soutiennent pour plusieurs raisons : "Parce qu'on a besoin de renouvellement" - argument récurrent -, "Parce qu'il porte le meilleur projet européen" ou encore "parce qu'on nous écoute plus au sein d'En Marche ! que chez les Républicains", selon une ex-militante de Nicolas Sarkozy en 2012.

Plus simple de militer pour Marine Le Pen que pour Jean-Marie

Face au meeting de Marine le Pen au Zénith : deux salles deux ambiances. Dans le rassemblement du Front National, c’est ‘ambiance CRS et lacrymo’ face aux militants antifascistes dans la rue, pendant qu’à l'intérieur, Marine Le Pen bat le rappel. Camille, jeune militante, s’occupe du stand de produits dérivés, et elle vient de Verdun :

Chez moi, tout monde sait que je milite pour le FN, c’est beaucoup plus simple aujourd’hui à l’heure de Marine que du temps de Jean-Marie Le Pen.

Fin des clivages traditionnels

Pas toujours simple de militer, surtout quand son candidat s'appelle François Fillon. Exemple pendant un tractage organisé dans le 13éme arrondissement de Paris, quartier ancré à gauche. "Je ne vote pas pour ceux qui sont mis en examen" répondent les passants interpellés, mais "pas d'hostilité ressentie", nous assurent les militants. En tout cas beaucoup moins qu'au plus fort du PénélopeGate.

La campagne s’avère aussi compliquée pour les militants de Benoît Hamon. "Résumer cette campagne en un mot ? Compliqué " concède Basile Hacourt, des Jeunes avec Hamon, qui parle des départs, des trahisons.

C’est agaçant de voir qu’on a un vrai projet de gauche, sans pouvoir parler aux électeurs du fond

Un sentiment partagé par le camp Fillon, qui révèle aussi la difficulté qu'ont les deux partis de gouvernement à exister dans cette campagne, à l'heure du "dégagisme" et de la fin des clivages traditionnels.

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