Les députés de l'Assemblée nationale cubaine ont investi jeudi Miguel Diaz-Canel, seul candidat en lice, comme successeur de Raul Castro à la présidence du pays. Le changement dans la continuité pour des cubains qui réclament des changements.

Raul Castro a cédé jeudi la présidence de Cuba à Miguel Diaz-Canel.
Raul Castro a cédé jeudi la présidence de Cuba à Miguel Diaz-Canel. © Radio France / www.cubadebate.cu / Ismael FRANCISCO

Le numéro deux de l'exécutif cubain Miguel Diaz-Canel a été élu pour succéder au président sortant Raul Castro, ce qui met un terme à près de six décennies de pouvoir des frères Castro sur Cuba. Vrai départ de Castro et enthousiasme pour Diaz Canel ? 

Pas vraiment : ici, on parle encore à voix basse. Jali, chauffeur de taxi, semble soulagé de cette nouvelle ère, mais espère que le départ de Raul est aussi celui de son fils Raulito, l'homme fort de la sécurité nationale cubaine : "S'il reste au pouvoir alors cette Révolution est un mensonge : son fils n'est même pas membre du bureau politique ou du comité central, je ne sais même pas s'il peut être député, il n'est même pas général, c'est un colonel... Cuba n'est pas une dynastie !" confie-t-il discrètement.

Dans la famille Castro, il y a aussi Luiz Alberto Rodriguez, l'ancien gendre, directeur du Groupe d'administration des entreprises : tous les investissements étrangers, toutes les affaires, passent par lui. Le politologue Armando Chaguaceda redoute que ce trio continue à contrôler le pays. 

Le territoire cubain est quadrillé : dans chaque quartier, des "comités de défense de la révolution" observent et font remonter des informations. Ici, le peuple contrôle le peuple. "Pour moi, c'est la pays le plus sûr du monde, il n'y a pas d'attentat, je ne vis pas avec la peur d'aller à l'école et qu'il y ait une fusillade ou qu'on pose une bombe", se félicite Béatriz, étudiante en design. Ce contrôle lui convient plutôt bien : "Je suis satisfaite de ce que l'on a conquis jusqu'à aujourd’hui. Bien sûr, on doit s'améliorer. Chacun sa lutte, et avec cette transition... on verra bien ce qu'il se passe". 

Le nouveau président tentera certainement d'accélerer les réformes économiques, vitales, mais pour le reste, et notamment pour les libertés publiques, rien n'est moins sûr. Et pour certains cubains, il y a tout intérêt à ce qu'il n'y ait pas de changement radical. Aux yeux des révolutionnaires cubains, il reste important de ne pas être aspiré par le modèle américain. 

Qui est Miguel Diaz-Canel
Qui est Miguel Diaz-Canel © Visactu
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