Suite de la rétrospective de l'année 2005 avec LE sujet politique de l'année : La victoire du "non" au référendum sur la constitution européenne. C'était le 29 mai dernier. Pas question de refaire le match, mais plutôt de savoir d'abord quelles conclusions en tirer 6 mois après. Ce n'est pas l'hiver nucléaire comme l'avaient prédit les partisans du "oui". Ce n'est pas non plus le grand soir comme l'avaient annoncé les partisans du "Non". En fait, 6 mois après ce référendum électrique, les passions sont un peu retombées. Reste, chez Eric Besson, député socialiste de la Drôme, partisan du "oui", un sentiment partagé par beaucoup de ses camarades (interview). Dure à digérer, aussi, la défaite pour Pierre Lequiller. Le Monsieur Europe de l'UMP faisait partie des rédacteurs de la Constitution. Il n'est pas prêt d'oublier le 29 mai (interview). Gachis au PS, abattement à l'UMP et colère chez ATTAC. On se souvient de son extraordinnaire mobilisation dans les moindres villages. On se souvient des badges et de la chanson du "Mouton Noir", ce "Non" de gauche avait un parfum de fête. Aujourd'hui, les lampions sont éteints et Jacques Nikonoff, le président d'ATTAC, accuse la commission européenne d'être parfaitement sourde au "NON" de la France et des Pays Bas (interview). Alors aujourd'hui, l'Europe n'est pas au mieux de sa forme. Et le fameux plan B - ce plan de substitution qui tenait plus de la métaphore politique d'ailleurs que du document réel, les fabiusiens ont largement utilisé l'argument dans la campagne - mais aujourd'hui, pour Claude Bartolone, proche de Laurent Fabius, ce plan B existe et c'est la victoire du PS en 2007 (interview). A l'UMP, Pierre Lequiller cherche lui aussi à sortir de l'ornière (interview). Le social. Au début de l'année, la directive Bolkestein revient au parlement européen. Pendant le référendum, Jacques Chirac avait demandé sa remise à plat. Jean-Luc Mélenchon avait eu cette formule hilarante : " remettre à plat, c'est servir le même plat en changeant la salade". On verra bien quel sera le comportement des députés UMP à ce moment là. En France, le référendum n'a pas forcément eu les effets auxquels on pensait. Il a d'abord marqué une rupture entre les médias et les citoyens. Il faudra réapparendre à vivre ensemble différemment. Sur le plan politique, on comptait déjà les grands brulés du "oui". Le 29 mai a certes fait descendre Jacques Chirac d'une marche supplémentaire mais pour le reste, les Francais ont déconnecté les enjeux. Démonstration avec Stéphane Rozès, directeur de l'institut CSA (interview). En clair, Fabius, champion du "non" reste à marée basse dans les sondages alors que Sarkozy et Lang, champions du "oui", font des étincelles, en tout cas, pour le moment. Mais " attention" prévient Jacques Nikonoff, le référendum, c' est un fusil à 2 coups (interview). Autrement dit, rendez vous en 2007. Les candidats devront convaincre les électeurs du "oui" et ceux du "non", ça nous promet de belles contorsions... Un dossier de Françoise Degois, journaliste au service politique de France Inter.

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