L'affaire d'Outreau a fait réfléchir. Si le pouvoir politique s'en est emparé haut et fort, certains ont préféré se remettre en question en toute discrétion, comme à Roanne dans la Loire, où la grande majorité des magistrats du tribunal de grande instance a accepté de s'observer mutuellement. Importée des Pays-Bas, cette méthode s'appelle l'intervision. Ne plus laisser les juges dans une trop grande solitude, trop souvent leur lot quotidien une fois sortis de l'école de la magistrature. Le président du TGI de Roanne, Jean-Michel Etcheverry, a donc proposé depuis maintenant quatre ans aux magistrats, la possibilité de choisir un de leurs collègues, et d'échanger lors d’une demi journée d'observation. Ne leur parlez pas d'évaluation, il s'agit plutôt d'une sorte de supervision comme le pratiquent les psychanalystes. Pas de jugement mais un regard bienveillant sur votre alter égo, expérience partagée entre Ludivine Chetail, jeune juge d'application des peines, et son ainé Laurent Grava, vice-président chargé de ces applications de peine (interview). Cette méthode a évolué depuis un an. Fort de cette expérience, Jean-Michel Etcheverry, le président du TGI de Roanne, a élaboré en collaboration avec l'école des magistrats, une charte et une grille d'intervision (interview). D'autres tribunaux ont emboité le pas à Roanne. A Caen et Albertville, on pratique désormais l'intervision. _____ Un reportage de Nathalie Hernandez .

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.