Un reportage signé Laurence Peuron Aujourd’hui se tient à Issy-les-Moulineaux le conseil d’administration de France 24. La chaîne vit une période agitée, ses dirigeants se déchirent, ses salariés contestent et l’Audiovisuel extérieur de la France, dont elle était censée être le fleuron, semble bien malmené. Toutes les vieilles puissances considèrent que leur rayonnement passe l’affirmation d’une voix singulière. C’est le cas de l’Angleterre avec la BBC, chaîne publique, des Etats-Unis avec CNN, modèle privé celui-là, ou encore du monde arabe avec Al-Jezeera. En 2002, Jacques Chirac, fasciné, promet la naissance d’une chaîne d’information continue. En 2006 naît donc France 24, l'ambition d’une CNN à la française. Nicolas Sarkozy élu Président, valide et crée au printemps 2008, l’Audiovisuel extérieur de la France : une holding placée sous la tutelle partagée du ministère des Affaires étrangères et de la Culture. Elle comprend RFI, France 24 et TV5. A sa tête, il nomme un binôme : Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent qui se trouve être aussi à l’époque la compagne du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Le tandem, assez rapidement, explose. Après 4 ans d’existence, Ockrent et Pouzilhac ont pour bilan l’un des plus long conflit de l’audiovisuel : c’est RFI, et une poudrière à France 24. En décembre dernier, soupçonnée de surcroît d’espionnage industriel, Ockrent a essuyé une motion de défiance votée par 85% des salariés. C’est intenable, a expliqué Sabine Mellet, du syndicat SNJ CGT de France 24 à Sébastien di Noia. Interview de Sabine Mellet - Au-delà des problèmes de gouvernance, il y a aussi la pertinence du projet qui est mise à mal. A l’étranger, on ironise sur ce cloche-merle médiatique. Alain Rioux est correspondant du journal canadien Le Devoir et pour lui, Nicolas Sarkozy s’est tiré une balle dans le pied en reprenant le projet Chirac. Interview d'Alain Rioux L’opposition, en France, s’est saisie du dossier. Patrick Bloche, en charge des questions des médias au PS, pointe la faute originelle : on a construit au XXIème siècle un audiovisuel extérieur du XXème. C’est un vaste portail Internet appuyé sur les compétences des réseaux existants qu’il aurait fallu générer. Interview de Patrick Bloche - Et la voix des incrimés ? Le ministre de la Culture, qui déclarait début janvier qu’il allait siffler la fin de la récré, a été remplacé sur le dossier par le conseiller spécial de l’Elysée, Camille Pascal, qui se refuse à tout commentaire. A France 24, Alain de Pouzilhac est aux abonnés absents. Quant à Christine Ockrent, croisée fortuitement hier, lors des vœux de Nicolas Sarkozy au monde de la Culture… Interview de Christine Ockrent Une petite accalmie, donc, puisque c’est quasi sûr : la fin de la récré ne sera pas sifflée ce soir. L’Elysée consulte encore.

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