En Russie, les idées extrêmes sont souvent évoquées au Parlement et même, parfois, intégrées à de nouveaux textes de loi.

Vladimir Jirinovski, chef de file du mouvement nationaliste LDPR
Vladimir Jirinovski, chef de file du mouvement nationaliste LDPR © Reuters / Grigory Dukor

La Russie, un pays qui a beaucoup fait parler de lui, ces dernières années, par des prises de positions souvent radicales, avec une première particularité : en Russie, les idées extrêmes sont souvent évoquées au Parlement et même, parfois, intégrées à de nouveaux textes de loi.

Ces idées – on peut les citer pèle-mêle – l’ultra nationalisme, la xénophobie et avec elle, la haine des immigrés, l’homophobie, ou encore les sentiments religieux intégristes.

Ici, au contraire de l’Allemagne, de la France, ou du Danemark, pas besoin de partis différents, petits ou grands. Les positions de ces partis extrémistes sont phagocytées, assimilées par les grands partis et leurs leaders.

Pour Vladimir Jirinovski, par exemple, la Russie est menacée par l’Occident. Le voici à la sortie d’une réunion politique. La Russie vient tout juste d’annexer une partie de l’Ukraine, la Crimée et il vient d’apprendre que son nom est sur la liste des personnalités interdites de Visa, en Europe et aux Etats Unis.

Vladimir Jirinovski
« Je suis très content que mon nom dans les listes de sanctions, c’est magnifique : C’est la victoire pour moi parce que je ne veux pas aller dans aucun pays de l’Europe occidentale. Je suis libre, je vais vivre uniquement en Russie. Dasvidania ! »

Bien qu’opposant de principe, Jirinovski soutient sans état d’âme Vladimir Poutine. Mais vous allez voir aussi avec quelles idées, il le fait. Jirinovski est président du Parti Liberal Démocrate, très nationaliste. C’est aussi un proche du Front National. Ses 56 députés à la Douma votent presque toujours les textes du pouvoir. Tout comme le parti communiste. Et il n’est pas rare que leurs leaders défendent des positions extrémistes.

Vladimir Jirinovski
« Qui nous tourmente aujourd’hui ? Merkel ! Angela Merkel ! Elle est un instrument important de l’Union Européenne, et de l’OTAN aussi. Et à cause d’elle, aujourd’hui, nous avons des sanctions et tout le reste. C’est pourquoi il faut brûler Paris entièrement. Et pas seulement attaquer Berlin. Il faut aussi bombarder toute l’Allemagne. A partir des bases russes, pour qu’il ne reste rien : aucune pierre, aucun Allemand. Et ainsi, nous serons les vainqueurs.  »

Un discours aux accents des années 30, une de ses expressions les plus dures. Mais quand Vladimir Poutine, annexe la Crimée, territoire de son voisin ukrainien, ne vous étonnez plus qu’il obtienne un soutien majoritaire, avec des opinions pareilles.

Alors, il y a beaucoup d’autres idées aux antipodes de la tolérance et du vivre ensemble. Voici un exemple. Une loi de 2013 interdit « la propagande homosexuelle devant des mineurs ». Elle prévoit de fortes amendes ou trois mois de prison. Cette fois, l’Eglise a joué un rôle décisif, avec les communistes encore, auprès du législateur. L’Eglise a joué de son influence.

Voici les conseils aux homosexuels, d’un prêcheur orthodoxe, l’archiprêtre Vladimir Golovin.
« Comment lutter contre son homosexualité ? Est-ce qu’on peut en guérir ? Oui. On peut en guérir ! On le peut. On peut guérir de tout ce qui est différent, comme lutter contre l’alcoolisme, comme lutter contre le mensonge, comme lutter contre le vol. Tout cela n’est pas naturel. C’est comme ça. C’est une maladie.  »

En apparence il existe des contre-pouvoirs en Russie, une opposition

En apparence seulement. Beaucoup d’opposants ont quitté le pays et les autres ne peuvent plus s’exprimer dans les medias favorables au Kremlin. Pour une raison simple c’est que les députés de la Douma et les sénateurs n’exercent pas vraiment la réalité le pouvoir.

Dimitri Goudkov. Un des rares députés très critique de Poutine, affirme qu’ils sont soumis au Kremlin qui décide de tout. 
« Les décisions sont seulement prises au Kremlin, pas à la Douma. Leur prétexte est de lutter contre l’extrémisme, mais ils tuent les libertés politiques parce qu’ils ont peur de perdre le pouvoir. L’ordre du jour de la Douma est décidé non pas par les députés, mais par les Siloviki du Kremlin.  »

Les Silovikis dont parle ce député courageux, sont les représentants de ce qu’on appelle ici les structures de forces. Autrement dit, des membres des services de sécurité ou de renseignement comme le FSB., l’ex KGB. Un grand nombre de ces Silovikis sont devenu conseillers du président Poutine ou sont eux même responsables politiques aux idées extrêmes.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.