Elles sont jeunes, parfois tout juste majeures et partout dans le monde, elles bousculent le jeu. À Kampala, la capitale ougandaise, Hilda Flavia Nakabuye sèche les cours tous les vendredis pour manifester contre l’inaction des gouvernements face aux changements climatiques.

 Hilda Flavia Nakabuye a fait du lac Victoria son combat
Hilda Flavia Nakabuye a fait du lac Victoria son combat © Nirere Sadrach

"Je préfère rater mes examens plutôt que de gâcher ma génération, c'est notre destin et nous devons lutter tous ensemble." Hilda Flavia Nakabuye s'exprime d'une voix douce, mais sa colère n'en est pas moins puissante. Cette étudiante en économie de 23 ans, issue de la classe moyenne (un père ingénieur et une mère styliste), a fait du lac Victoria son combat. Ce lac d’eau douce, massivement pollué par le plastique, est le plus grand d’Afrique et s’étend sur trois pays, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, un ancien protectorat britannique frappé de plein fouet par le réchauffement climatique.

Les Britanniques ont surnommé mon pays "la perle de l'Afrique" et pourtant, aujourd'hui, nos forêts sont rasées, ce qui mène à la désertification. L'air qui était propre, est désormais pollué, notre vie sauvage est attaquée. La situation écologique est très mauvaise. L'Ouganda fait aussi face à d'importantes inondations, la montée du niveau du lac a atteint un niveau record historique, ce qui a provoqué des destructions, endommagé des fermes, des plantations, et engendré des déplacements de populations.

Ce pays enclavé d'Afrique de l'Est est en effet le théâtre d'une déforestation massive. Les épisodes climatiques y sont de plus en plus violents : canicules intenses, pluies diluviennes, sécheresses. L'agriculture est un pilier essentiel de l'économie ougandaise et la principale source d'emploi. L'eau est donc un enjeu vital pour la population.

Hilda Flavia Nakabuye : "L'Ouganda fait face à d'importantes inondations, la montée du niveau du lac a atteint un niveau record historique, ce qui a provoqué des destructions et engendré des déplacements de populations."
Hilda Flavia Nakabuye : "L'Ouganda fait face à d'importantes inondations, la montée du niveau du lac a atteint un niveau record historique, ce qui a provoqué des destructions et engendré des déplacements de populations." / Nirere Sadrach

Pas sur la photo, supprimée du cadre ...

Mais si le réchauffement climatique est au cœur des préoccupations d’Hilda Flavia Nakabuye, elle combat également les discriminations qui minent la société ougandaise. Par exemple, elle a été particulièrement affectée par ce qui est arrivé à sa compatriote Vanessa Nakate,  qui milite aussi pour sauver la planète. Au début de l'année, Vanessa Nakate était présente au sommet de Davos et à l’issue d’une conférence de presse, elle a découvert qu’elle ne figurait pas sur la photo de groupe, supprimée du cadre.

Cette affaire illustre au yeux d'Hilda Flavia Nakabuyela, la place de l’Afrique dans le débat sur le réchauffement climatique, celle d'un continent souvent marginalisé. Or, elle rappelle que les Africains sont les premières victimes des gaz à effet de serre alors que paradoxalement, ils y contribuent le moins.

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