Deux chiffres pour commencer : la contrefaçon c'est 38 000 emplois détruits par an en France. C'est 6 milliards d'euros qui ne rentrent pas dans les caisses de l'Etat parce que les taxes ne sont pas perçues. La lutte anti contrefaçon est devenue une priorité pour la France et pour l'Europe. Dans le processus d'adhésion à l'Union Européenne, les pays candidats doivent mettre en place un dispositif de lutte anti contrefaçon. C'est le cas de la Turquie, l'un des grands pays contrefacteurs dans les secteurs du textile et de la maroquinerie. Pour la première fois à Istanbul, une table ronde a réuni Christine Lagarde, ministre française du Commerce Extérieur, et son homologue turc Mr Tuzmen. Si le gouvernement turc fait des efforts, il y a encore beaucoup à faire. Une ballade dans le Grand Bazar d'Istanbul et on se rend compte de l'étendue des dégats pour les grandes marques françaises et étrangères : faux sacs Louis Vuitton, fausses lunettes Ray Ban, faux produits cosmétiques du groupe L'Oréal, faux polos Lacoste. Les touristes ne se privent pas d'acheter. Pour se protéger, les entreprises françaises se battent mais ça leur coûte très cher. Dans leur plan de bataille, il y a une femme, Christine Laï, Directrice de l'Union des Fabricants, une association qui regroupe entreprises et fédérations professionnelles. Elle a défendu les couleurs de la France à cette table ronde à Istanbul (interview). La lutte anti contrefaçon, c'est comme un scénario de film policier - ça demande une vraie enquête sur le terrain. A Istanbul, Dominique André a rencontré Serge, avec sa petite caméra et sa casquette, il ressemble à un touriste, mais c'est un faux touriste ! Serge filme pour le compte des grandes marques (interview). Les grandes marques se servent ensuite de ses images comme preuves dans le cadre de procès. Les entreprises font aussi appel à des avocats locaux comme cet avocat turc, qui va saisir les objets contrefaits mais il se plaint du manque de moyens mis à sa disposition par les autorités turques. Je ne vous donne pas son nom, il a préféré rester anonyme pour des raisons de sécurité car la contrefaçon c'est avant tout des réseaux mafieux donc criminels (interview). Un dossier de Dominique André. INFO L'Union des Fabricants, un numéro : 01 56 26 14 03.

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