L’affaire « des disparus du Beach », c’est ce massacre commis il y a 8 ans au Congo sous la présidence de SASSOU N'GUESSO. Une enquête avait été ouverte en France, puis cassée par la cour d'appel de Paris au moment où le juge commençait à se rapprocher du pouvoir congolais. Aujourd'hui elle pourrait être remise sur les rails. On attend une décision de la cour d'appel de Versailles. L'affaire du Beach date de mai 99. Le Congo est dechiré. Le président SASSOU N'GUESSO lance un appel à la réconciliation nationnale. Il invite les réfugiés à revenir au pays sous l'égite du HCR. Beaucoup de congolais rentrent par le port de Brazzaville, le Beach. Et c'est là qu'ont lieu les massacres. Plus de 300 personnes, victimes présumées de règlements de comptes, qui n'ont fait que quelques rescapés, parmi lesquels ce refugié qui a témoigné devant le juge (interview). L'enquête vise donc le sommet du pouvoir. Elle est declenchée en France par la fédération internationnale et l'observatoire congolais des droits de l'homme. La France enquête sur un pays étranger. C'est le domaine de compétence universelle, qui fonctionne parce que l'un des suspects est en France, et qu'on est sur des faits (entre autres) de torture. Sauf qu’à partir de 2004, l'instruction est bloquée et le juge évoque des pressions. Le signal de départ c'est la mise en examen et l'incarcération du directeur général de la police congolaise. En pleine nuit, la cour d'appel décide sa remise en liberté. Puis quelques mois plus tard, elle annule l'enquête, sur des arguments dévellopés par le procureur de la République. A l'époque, on parle de scandale. Aujourd'hui, on sait que cette décision de la cour d'appel n'était pas conforme au droit. Elle a été cassée par la cour de cassation. L'avocat de la fédération internationnale des droits de l'homme, PATRICK BAUDOIN, dénonce les incursions du politique (interview). L'enquête a donc été gelée pendant 3 ans. Et pendant ce temps là, le Congo a monté un procès. La justice congolaise a reconnu le massacre. Elle a indemnisé certaines des familles. Mais elle n'a trouvé aucun coupable. Le dossier se referme sans responsable, sans condamnation. Et voilà le nouvel obstacle devant l'enquête française. En droit, on ne juge pas deux fois la même affaire. La justice française a été prise de vitesse. C'est l'argument phare de JACQUES VERGES, qui défend le patron de la police congolaise (interview). L'affaire ne sera pas sortie de l'ornière tant que ce point ne sera pas tranché. PATRICK BAUDOIN reconnaît que le débat sera complexe. Et il place l'enjeu sur le plan de la justice internationnale (interview). Ce que reconnaît, de l'autre côté de la barre, l'autre ténor de la défense, JEAN-PIERRE VERSINI CAMPINKI (interview). L'affaire des « disparus du Beach » doit donc passer deux caps : la décision de Versailles aujourd'hui sur la procédure, puis le volet « affaire jugée », qui devrait venir plus tard. Cette enquête a été ouverte il y a maintenant 5 ans. Un dossier d’Etienne Monin.

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