Pour le lanceur Ariane 6, qui succèdera dans deux ans et demi à Ariane 5, l'étape de la production industrielle a commencé.

Vue d'artiste de ce que sera la fusée Ariane 6
Vue d'artiste de ce que sera la fusée Ariane 6 © AFP / Leemage

Au salon du Bourget, côté espace, il y aura deux vedettes cette année : l'astronaute Thomas Pesquet, et la fusée Ariane 6. Pour celle qui succédera à Ariane 5 (mise en service en 1996) dans deux ans et demi, le compte à rebours a commencé : Ariane Group a lancé la production industrielle.

Et c'est en Normandie que sera construite cette nouvelle fusée. C'est au cœur de la forêt de Vernon, à 80km de Paris, que l'on fabrique et teste les moteurs de la future Ariane 6, des engins qui développent la puissance d'une centrale nucléaire. Objectif pour les Européens : rester leader du marché en gardant la fiabilité, mais en divisant les coûts par deux !

Nombreuses innovations

Pour y parvenir, le secteur spatial vit une révolution avec Ariane 6, passant notamment par l'impression 3D. Cette technique reste marginale mais elle divise par trois les temps d'usinage. Autre innovation, un bras robotique articulé auquel est accroché le moteur en cours d'assemblage. Piloté par un joystick, il évite aux moteurs de s'agenouiller, de tourner autour du moteur, soit un gain de temps de 40%. Pour s'adapter aux besoins du marché, aux satellites de taille variable, Ariane 6 sera équipée d'un moteur Vinci réallumable.

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L'usine qui fabriquera l'un des étages sera située aux Mureaux, en région parisienne. C'est ici que le principe de fabrication en série sera le plus visible. Une fabrication standardisée pour tirer les coûts vers le bas. Dans ce hall de 22.000 mètres carrés, Ariane 6 sera assemblée à l'horizontale, et non à la verticale comme aujourd'hui, et ce à raison d'un exemplaire par mois.

Soutien public

Avec Ariane 6, plus question désormais de concevoir des pièces ultra-sophistiquées à usage limité. On achète ce qui se vend dans le commerce, et pour éviter les risques, au lieu d'en mettre une en secours, on en met trois.

Si les industriels ont consenti à toutes ces mutations, c'est qu'ils ont reçu un soutien public conséquent : les Etats européens, conscients de l'agressivité commerciale des concurrents américains ou chinois, ont consenti en 2014 à financer les investissements à hauteur de 2,4 milliards d'euros. Il s'agit pour Ariane 6 de rester compétitive, avec un tarif d'environ 9.000 euros par kilo mis en orbite.

Le programme Ariane 6
Le programme Ariane 6 © Visactu
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