D’ici au premier tour de la présidentielle, France Inter vous emmène chaque mardi dans une ville de province et vous donne trois rendez-vous « Le Téléphone Sonne » à 19h10, « Le journal de 13h », et « Reporter » à 7h15. Aujourd'hui, la présidentielle vue de Lille. Lille, préfecture du Nord-Pas-de-Calais, 4ème agglomération de France. La Ville est aux mains des socialistes depuis plus d'un demi-siècle, SFIO puis PS. Martine Aubry a succédé à Pierre Mauroy à la Mairie en 2001 - de quoi a priori faire de Lille une terre de gauche, mais à y regarder de plus près, en 2002, Lionel Jospin n'a récolté que 20% de voix au 1er tour et même 16,8% seulement dans tout le département du Nord, où Jean-Marie Le Pen est d'ailleurs arrivé en tête. On se souvient des larmes de Martine Aubry le 21 avril. En revanche, l'extrême-gauche a obtenu d'excellents scores dans le Nord. Presque 17% au total en 2002. Une extrême-gauche qui séduit notamment les classes populaires victimes de la crise industrielle. Aujourd'hui, dans le Nord, le taux de chômage dépasse les 12%. C'est l'un des plus élevés de France. Exemple dans le quartier de Lille-Hellemmes, l'un des poumons économiques de la ville il y a 20 ans, aujourd'hui décimé par les fermetures d'usines. En janvier, l'entreprise Quebecor a échappé de peu à la fermeture. La maison-mère canadienne, numéro 2 mondial de l'impression, avait décidé de délocaliser l'usine en Belgique. 102 emplois sur 230 ont finalement été sauvés après un conflit de plusieurs mois. Jean Verchuren, l'un des délégués CGT de Quebecor, attend des candidats à la présidentielle des lois en faveur des salariés (interview). Une sécurité sociale professionnelle voulue par Ségolène Royal. Mais d'après Jean Verchuren et ses collègues, à Quebecor, on vote plutôt extrême-gauche. Un vote incompréhensible à l'EDHEC. Dans cette école de commerce lilloise réputée, Nicolas Sarkozy et François Bayrou seraient sans problème au second tour selon les étudiants. Antoine et Etienne, élèves de 3ème et 4ème année, ne se disent pas pour autant de droite ; ils se revendiquent avant tout "libéraux" (interview). Et notamment à Cindy, 29 ans, mère de trois enfants. Cindy croisée sur le marché de Wazemmes, l'un des quartiers les plus vivants (les plus populaires aussi) de Lille (c'est le plus grand marché au nord de Paris). Cindy est vendeuse, son mari travaille dans l'agro-alimentaire. Leurs salaires n'augmentent pas, dit-elle, et leur pouvoir d'achat s'effondre (interview). L'un des quartiers défavorisés de la ville, Lille-sud, est un quartier qui a beaucoup évolué depuis 7 ans, depuis une bavure policière qui avait coûté la vie à un jeune de 24 ans. La cité s’était alors embrasée. La municipalité s’efforce de redorer l’image du quartier. Des barres d'immeuble ont été rasées. Une rue de la mode a même récemment vu le jour ici. Mais malgré les progrès accomplis, les habitants, comme Djaoued, 21 ans, se sentent toujours exclus. Ils ne se reconnaissent pas dans les discours des candidats à la présidentielle (interview). Une mauvaise répartition de l’argent public : c’est aussi ce que dénonce, au fond, le Professeur Philippe Froguel de l’Institut Pasteur de Lille. Il dénonce le « gâchis » de la recherche médicale. Avec son équipe, ce diabétologue et généticien a récemment identifié les principaux gènes du diabète - une découverte capitale saluée dans le monde entier. Mais le Professeur Froguel a dû faire appel à des fonds canadiens pour financer ses recherches. Il attend beaucoup de la présidentielle (interview). Le Professeur Froguel qui estime que les candidats négligent de toute façon tous les problèmes sanitaires - un sujet capital dans le Nord-Pas-de-Calais, la région qui a le plus mauvais état de santé de France. On en parle dans le journal de 13h. Un dossier de Franck Mathevon.

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