Evénement important, la Corrèze, fief de la Chiraquie, est en passe de changer de bord politique ! Des communes à droite depuis plus de 40 ans ont basculé à gauche aux municipales. Et surtout, ce département, tenu par la droite depuis plus de 20 ans, sera présidé à partir d'aujourd'hui par François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste. Tout un symbole ! 23 ans que la droite dirigeait le Conseil Général. Dans certaines villes, comme à Brive, cela faisait même 42 ans qu'il n'y avait pas eu un maire de gauche. Alors que s'est-il passé en Chiraquie ? Au coeur de ce territoire, en Haute Corrèze, Sarran est la commune où votent les Chirac. C'est là qu'ils possèdent le fameux Chateau de Bity. Ici, les rues, les éclairages, les pelouses sont entretenues avec un soin minutieux. Le Chateau, lui, est fermé. Gardé simplement par 2 gendarmes. Il faut dire qu'en Chiraquie, on ne voit plus guère Jacques Chirac depuis des années. La dernière fois qu'on l'a vu, c'est pour voter aux municipales (Interview Jacques Chirac, au micro d'une consoeur de France Bleu Limousin, Murielle VITEL). Alors la Chiraquie, c'est cela, l'identification entre un homme et un territoire. En Corrèze, cela fait 40 ans que ça dure. C'est en 1967, que Jacques Chirac a été élu pour la première fois député de Corrèze. Un jeune loup dont Françoise LIMOUJOUX a été très proche. Cette habitante d'Ussel, aujourd'hui retraitée, ancienne chef d'entreprise, a été conquise dès le début (interview). Mais avoir la nostalgie de Jacques Chirac ne suffit plus, en politique, à gagner les élections. La preuve la plus éclatante à USSEL. La ville de Haute Corrèze doit beaucoup à l'ancien président. Elle a presque doublé sa population. Des entreprises internationales s'y sont installées. Et pourtant, pour la première fois depuis 43 ans, USSEL a basculé à gauche aux dernières municipales. 60% des votes pour la socialiste Martine LECLERC qui entend bien tourner la page d'un système (interview). Pourquoi ce basculement à gauche ? D'abord parce que Jacques Chirac n'est plus aux affaires et puis ce territoire corrézien n'est peut-être pas si à droite qu'on l'imagine. Historiquement, cette terre est d'abord une terre radicale socialiste, au centre gauche. La preuve, écoutez ce Chiraquien Pur Jus qui vient d'une famille de gauche. Raymond FRAISSE tenait les Gravades, un restaurant à Ussel où Chirac y mangeait sa tête de veau favorie (interview). Malgré tout, il faut rester prudent sur l'ampleur de ce basculement à gauche ! Certes, François Hollande sera élu président du département cet après midi. Mais élu d'une courte tête. Un élu de plus seulement. La gauche dispose de 19 conseillers généraux contre 18 à la droite. La bascule s'est faite mais la situation est très fragile. Les prochaines élections cantonales auront lieu dans 3 ans. La droite est bien convaincue de reprendre le dessus en 2011 et cite en exemple un intermède de 3 ans entre 1982 et 1985 où c'est même un communiste qui avait présidé le département de Corrèze. François Hollande a quelques années devant lui. Que veut-il faire de la Corrèze ? C'est là tout le mystère. Ce qui est sûr, c'est qu'il veut faire de sa victoire un symbole politique et médiatique. François Hollande, qui arpente la Corrèze depuis 1981, dont le premier combat a eu lieu ici contre Chirac, Hollande cherche à incarner la chute de la Chiraquie. Pour le reste, il reste très énigmatique. Le chemin de l'Elysée en 2012 passe-t-il par exemple par la Corrèze ? (Interview). François Hollande se défend de vouloir imiter Jacques Chirac. Pourtant, beaucoup de Corréziens disent ici qu'il n'hésitait pas à emprunter au style de Jacques Chirac. L'énarque socialiste aurait la même poignée de main que l'ancien président. Un reportage de Sébastien Laugénie, en direct de France Bleu Limousin à Tulle.

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