Comme chaque année, les immigrés ne cessent de débarquer sur une petite île au sud de la Sicile, à Lampedusa. Lampedusa c’est un abcès de fixation en Italie. Le gouvernement ne sait plus comment endiguer l’arrivée de ces « boat people » surpeuplés de travailleurs clandestins qui payent au prix fort le prix d’une traversée. Un voyage qui se termine parfois d’une manière tragique. Le gouvernement italien essaie de canaliser cet afflux massif d’immigrés clandestins grâce à une loi qu’il a fait voter et qu’il applique depuis plus de 2 ans. Une loi relativement coercitive. Elle prévoit que seuls les candidats à l’immigration qui ont en poche un contrat de travail en Italie sont en droit d’entrer dans la péninsule. En revanche, pour les autres, une fois interceptés par les forces de l’ordre ; ils sont de plus en plus nombreux à être raccompagnés dans leur pays d’origine par avion charter. La situation ne fait qu’empirer. Plus de 15 000 arrivées illégales par la mer au 1er Octobre dernier. 50% de plus que l’année dernière dans le même laps de temps. Le Consortium Euro Méditerranéen pour la Recherche Appliquée sur les Migrations internationales - dont le siège est à Florence - vient de publier un travail très intéressant. Il s’agit d’une vue d’ensemble des migrations méditerranéennes. Interview de Philippe Fargues, directeur du Carim. Le centre de transit de l’île a été au centre d’une violente polémique. Un journaliste a réussi à se faire passer pour un clandestin. Il a décrit des conditions de vie inhumaines, illégales. Il est très difficile d’entrer dans le centre de transit. Même des députés se sont cassés les dents. Il est gardé nuit et jour par des policiers, des carabinieri. Ils sont 500 en tout à séjourner sur cette petite île qui compte 5700 âmes. Le journaliste de "l’Espresso" a indiqué que contrairement à ce que prévoit la loi, il n’a pas pu voir un magistrat durant son séjour d’une semaine. Du coup, le ministre de l’intérieur Beppe Pisanu a fait une descente surprise il y a 3 jours a Lampedusa. Il s’était auparavant exprimé à la chambre des députés. Interview de Beppe Pisanu. Et du côté de l’association humanitaire qui gère le centre à Lampedusa, on a très mal réagi. Le responsable de « Misericordie Palermo » a precisé que la structure était faite pour accueillir 190 personnes. Parfois à cause des débarquements qui se succèdent, elle héberge 1200 personnes. Evidemment, c’est difficile dans ce cas d’offrir des conditions décentes. Pour le président Giuseppe Dominica, le problème dépasse largement le cadre de Lampedusa. Interview de Giuseppe Dominica. Et dans l’île, ce problème de l’immigration clandestine déchaîne les passions. Tout est fait pour cacher les clandestins aux touristes et aux insulaires. Dans l’île, il y a bien sûr les racistes qui clament qu’ils ne sont surtout pas racistes ! Dans l’île il y a l’omerta : vous sentez le visage cachée de la mafia à chaque coin de rue, et puis, dans l’île à Lampedusa, il y a Gina et elle est une des rares, qui déchaîne son coeur. Interview de Gina. LIENS UTILES Le Consortium Euro Méditerranéen pour la Recherche Appliquée sur les Migrations internationales : http://www.carim.org et plus précisément, pour le rapport : http://www.carim.org/Publications/Annual.asp Un dossier de Robert Kudelka, correspondant permanent à Rome en Italie.

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