Nombreux sont les jeunes Français à partir chaque année sur des chantiers de solidarité en France ou à l'étranger, pour apporter leur aide dans des projets de co-développement. Ils s'engagent pour un mois ou deux à participer, par exemple, à la construction d'une école ou d'un puit. L'association Léo Lagrange, à Paris, organise des chantiers de ce type en France et à l'étranger, en partenariat avec des maisons de quartier. Cela permet à des jeunes de 18 à 25 ans, suivis en structure d'éducation spécialisée ou dans des associations locales, de partir en vacances tout en se rendant utiles. Il y a deux ans, un groupe d'adolescent a fait le voyage pour le Sénégal. Reporter a rencontré trois de ces jeunes, dont les souvenirs sont encore frais. Nabintou, Backari et Bocar, avaient entre 18 et 21 ans lorsqu'ils ont réalisé leur chantier, à l'époque lycéen ou étudiant. Ils ont prêté main forte aux ouvriers sénégalais dans la banlieue de Dakar et se sont improvisés maçons et artisans, le temps d'un été pour rénover une école, construire une maison de quartier, ce que Backary n'avait pas prévu au départ. Alors, ils ont repeint les murs extérieurs et intérieurs, réparé la toiture, retapé les bancs de l'école. Surpris par leur propre motivation, mais aussi par certaines réalités comme celle des Talibés, ces élèves de l'école coranique, que Nabintou a découvert au quotidien. Un quotidien pas toujours facile à vivre. Ils ont tous été logé chez l'habitant, ont travaillé en binome avec des sénégalais, ont mangé les même plats de riz, ont dormi dans les mêmes cases. Ce qui est indispensable pour Sandrine Lemare, coordinatrice à la Fédération Léo Lagrange, car le but est de donner nouveau souffle à ces jeunes adultes, issus des quartiers populaires de Paris. Pour Nabintou, ce chantier a été une remise en question difficile. Elle est originaire du Sénégal et connaît un peu le pays, grâce aux vacances d'été en famille. Mais cette fois ci, tout était différent. Une prise de conscience que Bocar a egalement vécue. Le bilan que dresse Bakari est quant à lui plutôt original. Mission réussie pour Nabintou, Backary et Bocar. Ils disent être revenus de ce séjour plus grands, et surtout avec l'envie de repartir. Un reportage de Sonia Ghezali

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