Toute la semaine on s'intéresse aux innovations technologiques dans les domaines du quotidien. Aujourd'hui, gros plan sur les transports et plus précisément les voitures volantes.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a testé le Sea Bubble sur la Seine en juin dernier, aux côtés d’Alain Thébault, le co-inventeur
La maire de Paris, Anne Hidalgo, a testé le Sea Bubble sur la Seine en juin dernier, aux côtés d’Alain Thébault, le co-inventeur © AFP / Joël Saget

Les voitures volantes, ce n'est plus un rêve, elles décollent enfin. Jamais autant de projets n'ont été lancés par des inventeurs indépendants, start-up ou des groupes aéronautiques.

Alain Thébault, lui, a choisi de décongestionner les villes, en s'élevant au-dessus des fleuves, des rivières, des canaux. Le projet de ce navigateur s'appelle Sea Bubble, une sorte de taxi-volant, glissant au-dessous de la surface de l'eau. Alain Thébault présente son projet : "Le Sea Bubble fait la taille d'une voiture. Au-dessous vous avez deux petits moteurs électriques à hélice à l'arrière, qui propulsent les bubble dans le plan horizontal. Et les deux grandes ailes avec un peu de vitesse soulèvent le Bubble et ça vole".

On monte à bord d'un Sea-Bubble. Alain Thébault aux commandes : "Vous avez un volant pour la direction et une double manette des gaz. C'est très simple pour décoller c'est comme sur une piste de décollage d'avion : d'abord alignement puis puissance max et le Bubble décolle. il atteint très vite sa vitesse de 18 kilomètres à l''heure. En virage, il s’incline très légèrement comme un avion."

J'avais le fantasme de ne pas déranger les oiseaux et c'est le cas.

Alain Thébault a souhaité associer l'élégance de ses taxis, à une autonomie énergétique totale : "J'ai dessiné un dock, un ponton en fait, qui est énergiquement autonome. Au dessous vous avez des hydroliennes, c'est-à-dire que le courant fait tourner des hélices sous le dock, le courant est stocké sous le dock et quand le Bubble arrive, il recharge ses batteries pendant deux ou trois minutes et ça nous donne une autonomie de 24h. En fonction des villes on utilise plutôt le soleil, plutôt le vent ou le courant du fleuve quand il est puissant".

La start-up Sea Bubble a maintenant un peu moins de deux ans et emploie déjà une centaine de personnes en France et en Suisse, sur les pas de Solar Impulse. Elle espère s'associer avec des spécialistes de la mobilité pour lever 100 millions d'euros et passer au stade industriel , ce qui ne saurait tarder. Pour preuve, des Américains, des Néo-zélandais et des Thaïlandais ont déjà été séduits pour utiliser les cours d'eau de leurs grandes villes.

Cette innovation devrait transporter ses premiers voyageurs sur la Seine, à Paris, l'année prochaine.

Bientôt la voiture volante

La vraie voiture volante, telle qu'elle est décrite dans l'imaginaire populaire et qui s'élève à plusieurs dizaines de mètres du sol, existe déjà sous forme de prototype. Il y en a même une grosse douzaine, car les barrières tombent. Barrières financières, d'abord. A grande échelle, Google investit 100 millions de dollars depuis sept ans dans sa discrète start-up consacrée aux voitures volantes. L'Allemand Lilium débloque aussi des fonds, soutenu par l'Agence Spéciale européenne.

En France, c'est Airbus qui ne veut pas rester sur le bas-côté. Mark Cousin, son responsable du pôle innovation, pense que l'entreprise est très bien placée : "On arrive à une convergence de technologies qui rendent ces machines possibles. Une combinaison des moteurs électriques assez légers pour pouvoir voler. L'autre technologie critique c'est ce qui concerne les batteries.

Airbus a fait le choix de beaucoup investir pour ne pas se faire distancer explique Mark Cousin : "Chez Airbus on veut être sûrs que dès qu'il y a la technologie nécessaire pour réaliser ce type de machine on est prêt. C’est notre avantage principal face à des entreprises comme Google ou Apple, ils ont peut-être l'argent mais pas toutes les connaissances nécessaire qu'il faut maîtriser pour réaliser ces machines". On parle, à terme, d'un marché de plusieurs milliards de dollars.

Airbus a dévoilé au salon de l'automobile de Genève (Suisse) Pop.Up, le dernier prototype de voiture volante. Le véhicule peut être fixée à une base roulante pour parcourir les routes ou à un support volant pour évoluer dans les airs.

Quand pourrons-nous voir et acheter ces engins volants ?

Il faut encore attendre sept à dix ans, selon Mark Cousin. Reste à contourner les contraintes législatives. Airbus aide ainsi à façonner les réglementations futures en matière de Contrôle du Trafic Aérien, ainsi que la perception du public, afin que la Mobilité Aérienne Urbaine devienne plus tôt une réalité : "Il faut développer un type de système de routes aériennes pour tous ces véhicules. C’est quelques chose qui n'existe pas actuellement. Airbus travaille avec des partenaires qui nous aident à mettre cela en place. L'espace aérien appartient à la ville et les solutions mises en place à Paris ne seront peut être pas les mêmes que celles mises en place à Singapour ou Dubai."

A Dubaï, les premiers taxi-volants autonomes pourraient voler d'ici la fin de l'année 2017. Mais reste à savoir si nous sommes prêts, psychologiquement, à nous laisser porter par un robot sans chauffeur une dizaine de mètres ou plus de hauteur. Pas si sûr.

Vision des transports du futur par Airbus
Vision des transports du futur par Airbus / Airbus group
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