Pour la première fois depuis l'éruption du volcan islandais et la fermeture des aéroports, les vols commerciaux ont repris hier dans le nord de l'Europe. Même si on est encore loin d'un retour à la normale, 30% des vols nationaux et internationaux étaient assurés au départ de Roissy et Orly. Le trafic devrait encore s'intensifier aujourd'hui. Mais aux guichets des compagnies aériennes, c'est toujours la pagaille. C'est une file d'attente interminable qui s'étend le long du trottoir avenue de l'Opéra. Des centaines de voyageurs sont amassés devant l'agence d'Air France en quête de renseignements. Véritable parcours du combattant car avant d'arriver au guichet il faut d'abord patienter plusieurs heures dehors sous le regard du vigile chargé de surveiller l'entrée et d'éviter les bousculades (interview). Difficile de joindre Air France par téléphone, les lignes sont complètement saturées. Du coup, les clients viennent s'informer sur place. A l'intérieur de l'agence, le personnel de la compagnie est débordé, entre les voyageurs venus se faire rembourser et ceux qui veulent savoir s'ils pourront enfin décoller cette semaine (interview). Hors micro, une responsable d'Air France nous explique quels sont les clients prioritaires ; ceux qui ont une réservation pour les vols du jour. Si leur avion est maintenu, il ne se feront pas doubler par les voyageurs qui n'ont pas pu décoller jusqu'à présent. C'est le cas d'Amadou, il devrait pouvoir rentrer en Afrique ce week-end comme prévu (interview). Contrairement aux guichets des compagnies aériennes dans le quartier, les agences de voyage sont presque désertes. Depuis vendredi, Catherine Moulard passe ses journées au téléphone. Cette voyagiste tente de rassurer ses nombreux clients bloqués à l'autre bout du monde. Dans toute sa carrière, elle n'avait jamais connu une telle situation (interview). Un véritable gouffre financier pour les voyagistes déjà touchés par la crise économique. L'association des tour-opérateurs annoncait hier plus de 30 millions d'euros de pertes liées à la fermeture des aéroports et ce ne sont pour l'instant que des estimations. La facture risque encore de s'alourdir dans les prochains jours. ------------------------------------------------- Un reportage de Yann Gallic.

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