L’île de La Réunion est la plus touchée par l’épidémie du Chikungunya, un virus porté par les moustiques qui a déjà contaminé 110 000 personnes - soit 1 Réunionnais sur 7 - 52 personnes seraient mortes directement ou indirectement de la maladie. Hier, le ministre délégué au Tourisme, Léon Bertrand, a dévoilé un "plan de sauvetage" pour le secteur touristique de ce département d’outre mer. Les pertes sont évaluées à 10 millions d’euros pour un secteur qui est, avec la filière sucrière, l'une des principales activités de l’île. La réalité aussi, c’est que des milliers de patrons de petites entreprises sont obligés de licencier pour survivre. Les hoteliers perdent nombre de nuité. Michel Olivier est propiétaire d'un restaurant à St-Denis, une table qui a très bonne réputation. Michel est dans ce cas de figure. Il est assez emblématique de la situation que vivent des centaines de ces pairs. La situation inquiète beaucoup (interview de Michel Olivier). On ne sait toujours pas grand-chose de la maladie. Il n'existe pas de vaccin, encore moins de traitement. Effectivement, les seuls remèdes que l'on prescrit aux malades c'est du paracétamol contre la fièvre et des anti-inflammatoires contre les douleurs. Christophe Beaupère a 40 ans. Comme près de 110 000 personnes sur l'île, Christophe a été contaminé par le virus, après plusieurs jours de douleurs intenses et de fièvres. Aujourd'hui, il va mieux, mais parfois il a encore mal, il craint de devoir vivre toute sa vie des cycles de rémissions et de rechutes (interview de Christophe Beaupère). Les pouvoirs publics de l'île ne sont pas vraiment parvenus à mettre fin aux polémiques et aux critiques concernant la gestion de la crise, car la crise va exponantielle, certains experts estiment que près de 80 % de la population pourraient, à terme, être contaminée par le chikungunya. Cela signifie donc que le pic de l'épidémie n'aurait pas été atteint. La polémique a commencé au mois de septembre dernier lorsque à gauche, des élus comme Gelita Hoarau, la sénatrice communiste, demandait que le chikungunya soit classé "cause nationale". Elle estime aujourd'hui que les mesures annoncées par le gouvernement, « pour venir en aide à la Réunion, vont dans le bon sens mais ne sont pas suffisantes » (interview de Gelita Hoarau). Des insecticides sont utilisés par les autorités contre les moustiques. La population se pose de plus en plus de questions sur la nocivité des produits utilisés. Le maire de St-Paul a même suspendu toutes les démoustications dans les 67 écoles de sa ville. Un dossier d'Omar Ouahmane, reporter de Radio France, en direct de La Réunion.

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