Aujourd’hui, c'est la huitième Journée internationale de la langue maternelle, qui a pour thème le multilinguisme. En France, un collectif s'est créé récemment pour dénoncer les abus de la langue "corporate" des entreprises françaises et les linguistes s'inquiètent de l'utilisation de cette version appauvrie de l'anglais dans le monde du travail. Tout d'abord, connaissez vous le globish ? Non ? Alors écoutez. Tant pis pour les amateurs de François Villon, le globish, le global english, serait en passe de devenir l'esperanto de notre siècle. Une sorte d'anglais d'aéroport, 300 mots, c'est la langue corporate. Certains salariés qui n'ont pas été bercés par la langue de Shakespeare ne s'y retrouvent plus. Exemple chez Europe assistance, où Muriel Tardito, déléguée CFTC est montée au créneau. Les comptables ont fini par recevoir un mode d'emploi en français, mais la CFTC a porté l'affaire devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre le 9 mars prochain pour non respect de la loi Toubon. La loi Toubon, c’est celle qui impose aux entreprises implantées en France de rédiger leurs documents en langue française depuis 1994. Les infractions à cette loi Toubon sont-elles nombreuses ? Difficile à dire, d'autant plus que les procédures judiciaires sont rarissimes. La plupart du temps, le problème se règle en interne. Apparemment cela ne suffit plus : un collectif composé de syndicats et d'associations sous l'égide de politiques a vu le jour en juillet 2006. Imposer l'anglais à des salariés qui travaillent à l'international, quoi de plus légitime, expliquent-ils. Pour les autres, le tout anglais peut sembler absurde, voire discriminatoire. Jean-Loup Cuisiniez, délégué CFTC chez Axa Assistance, fondateur de ce collectif. Pour etre tout à fait précis, le communiqué émane du PDG d'une filiale d'Areva Transmission et Distribution. Au siège du groupe public nucléaire français, voilà comment on commente le sujet. Ecoutez Jacques-Emmanuel Saulnier, porte-parole d'Areva. Mais est-ce qu'on soutient vraiment les entreprises françaises en défendant la langue française ? C'est vrai qu'avec la mondialisation, les fusions entre groupes de nationalités différentes, l'anglais est souvent La langue de référence, un sésame quasi obligatoire. Du coup, la pratique de l'anglais s'est parfois faite à marche forcée dans les entreprises françaises. Ecoutez Monique Chezal Viel, DRH chez Accor Service après avoir travaillé aux AGF. C'est vrai aussi qu'on travaille plus efficacement dans sa langue maternelle. Alors pourquoi tant d'anglais ? La réponse au linguiste Claude Hagège, également polyglotte. Un dossier signé Delphine Simon.

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