Les délocalisations dans le secteur automobile agitent la classe politique à l'approche des élections régionales. Dernière polémique en date avec Renault, qui pourrait délocaliser la production de sa nouvelle Clio en Turquie. De son côté, Peugeot Citroën a prévu de supprimer 6 000 postes en France d'ici à 2012. Malgré les 6 milliards d'euros prêtés l'an passé par l'Etat, les constructeurs français ont du mal à tenir leurs engagements. L'un des sites historiques de PSA est à Asnières-sur-Seine en région parisienne. Une usine aujourd'hui abandonnée, 7 hectares de terrain en bords de Seine, une enfilade d'ateliers et de hangars désertés. A l'intérieur, tout est silencieux. Quelques machines ont été laissées à l'abandon. Aujourd'hui, l'usine d'Asnières ressemble à une immense coquille vide. Pour reprendre l'expression d'Alain Villeléger et Régis Gagnaire, ce sont eux qui m'ont accueilli sur les lieux. Ils travaillent ici depuis plus de 30 ans (interview + extrait des Shadocks). Souvenirs d'une époque révolue, avec cette publicité de 1976. Les Shadoks vantaient alors les mérites de Citroën et ses célèbres suspensions hydropneumatiques. Un système révolutionnaire qui a fait le succès de la DS, la GS ou encore la BX. Ces suspensions étaient fabriquées sur le site d'Asnières. Dans les années 60-70, l'usine employait plus de 2 000 salariés. Depuis, la direction de PSA a délocalisé la production et l'usine d'Asnières a été vidée de ses ouvriers. Il y a 2 ans, ils étaient encore une 100aine. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 6. En juillet dernier, Peugeot - Citroën a entièrement stoppé la production qui a été en partie délocalisée vers l'Espagne. Sans aucun licenciement. La plupart des salariés ont été mutés sur d'autres sites, sous la pression de la direction, selon Alain Villeléger. Lui, a refusé de quitter Asnières (interview). Officiellement, l'usine est donc en cessation d'activité depuis 6 mois. Mais elle n'est toujours pas fermée. Chez Peugeot-Citroën, la CGT avance une hypothèse. L'an passé, l'Etat a prêté 3 milliards d'euros sur 5 ans au groupe PSA qui, en contrepartie, s'est engagé à ne pas fermer d'usines en France. Ce qui expliquerait le maintien artificiel du site d'Asnières. Une situation ubuesque. Aujourd'hui, les 6 ouvriers encore présents sur place s'occupent tant bien que mal. Comme Alain Villeléger et Régis Gagnaire, ils passent le temps à remplir des cartons, classer des archives et faire la tournée des ateliers dans lesquels il ne se passe plus rien (interview). Tous les 2 proches de la retraite, Alain et Régis devraient recevoir leur lettre de licenciement avant la fin du mois. Après eux, plus personne ne sera là pour garder les murs de l'usine. _____ Un reportage de Yann Gallic.

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