Poursuite de notre série sur les mouvements populiste qui progressent dans toutes les démocraties occidentales. Aux Etats-Unis, c'est le jour du sacre républicain de Donald Trump

Partisans de Donald Trump en meeting
Partisans de Donald Trump en meeting © Reuters / John Sommers II

Poursuite de notre série sur les mouvements populiste qui progressent dans toutes les démocraties occidentales. Nous sommes ce matin aux Etats-Unis, le jour du sacre républicain de Donald Trump qui va la nuit prochaine prononcer son discours de candidat à la convention de Cleveland..

Le plus vieux parti américain n’a donc pas résisté à la vague Trump. Il a été emporté et ce sera une image sidérante, une de plus, de voir le milliardaire noyée sous les 125 000 ballons qui vont être lâches après son discours pour saluer le candidat qui va porter les couleurs du parti républicain en novembre. Louis Marie sera dans la salle, il est délégué du Massachussets, et il se souvient avec précision du moment où il a été conquis par Donald Trump

J’ai vu Donald Trump en meeting une nuit où il y avait du blizzard. Il est venu serrer des mains Je lui ai dit « ne nous laissez pas tomber ». Il m’a fixé avec son regard stupéfiant et m’a dit « je ne vous abandonnerai pas ». Je me suis dit c’est mon homme mon candidat il a le contact avec les gens. C’est un populiste, un nationaliste

Voilà pourquoi Donald Trump se présente comme le messager d’un mouvement qui le porte. Et ceux qui le soutiennent, on vient de l’entendre, n’ont aucun mal à le définir comme populiste. Ed Burgess dirige la délégation de virginie occidentale, l’état dans lequel Donald Trump a réalisé son meilleur score sur fond de crise du charbon et de chomage de masse

Bien sûr que c’est bien d’être populiste car ça veut dire qu’on s‘occupe du peuple et pas des élites. Dans notre état nous ne sommes pas élitistes, on respecte les valeurs d’égalité. Je pense qu'en Virginie occidentale on a compris que même si Trump est très riche, il apprécie les travailleurs.

Ce qui traduit avec les mots de Donald Trump donne cette phrase qu’il répète régulièrement, "’adore les personnes qui n’ont pas de diplômes, elles votent pour moi".

Le peuple contre les élites, c’est vraiment le message que martèle Donald Trump

Trump se compare volontiers à Ronald Reagan, autre célébrité qui avait joué cette carte populiste à la fin des années 70 pour bousculer son parti puis remporter l’élection. Au cours de cette convention de Cleveland, un bus se balade d’ailleurs en ville pour diffuser des discours de l’ancien président. Mais pour Alan Brafman, industriel dans la région de New York, le parallèle n’a aucune raison d’être

Ronald Reagan était un acteur mais il avait été élu deux fois gouverneur de Californie. Quand il est devenu président il avait donc dirigé la septième économie mondiale, il était qualifié pour ce poste. Donald Trump lui ne l’est pas ; il n’a rien fait dans le domaine public, c’est un businessman et je respecte cela mais il n’est pas Ronald Reagan, il n’est pas compétent, il est dangereux.

Cet homme qui a voté républicain aux deux dernières élections est donc à Cleveland pas pour participer à la convention mais pour manifester contre le danger Trump. Il y a aussi dans les rues des associations hispaniques, des mouvements contre la violence policière, mais également des citoyens comme Jim qui ne s’étaient jamais mobilisé jusqu’à présent et qui a fait le voyage depuis Boston

Je n’étais jamais venu manifester lors d’une convention, je n’y avais même jamais pensé, mais là c’est différent. Ses idées sur les immigrants, sur la religion, tout cela ne ressemble pas aux valeurs américaines. Il n’est pas un candidat républicain comme les autres, c’est presque un fasciste.

Il y a ceux qui ont peur de Trump et  ceux qui espèrent une contagion du phénomène

Çà ce sont les dirigeants d’extrême droite européens qui sont présents à Cleveland. Dans les couloirs de la convention, on croise ainsi le britannique Nigel Farage, le chantre du brexit, et le néerlandais Gert Wilders. Le dirigeant du très anti-musulman parti de la liberté parade sur le tapis rouge, prend des photos avec des délégués trumpistes et rêve à haute voix d’une victoire de Donald Trump en novembre.

Nous aurions un allié qui aurait envie de s'attaquer aux vrais problèmes auxquels nous sommes confrontés. Qu'il s'agisse de la criminalité ou qu'il s'agisse du terrorisme Monsieur Trump est capable de faire face et il en a la volonté. Même si nous avons des différences, ce serait tellement important pour des partis européens comme celui de Marine Le Pen ou le mien de pouvoir compter sur un partenaire qui a le même but politique que nous.

Avant d’envisager une victoire en novembre, il faut passer pour Donald Trump l’étape de la nuit prochaine avec cette question : en acceptant d’être le candidat républicain, va-t-il prononcer son premier discours dans lequel il ne s’en prend pas violemment à son parti et à ses dirigeants ?

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