Comment redonner confiance à des jeunes issus de quartiers défavorisés grâce à la pratique d’un instrument ? Focus sur ces projets d’inclusion sociale grâce à la musique.

Bus El Camino
Bus El Camino © Radio France / Claire Chaudiere

A l’occasion de la fête de la musique, focus ce matin sur ces projets d’inclusion sociale par la pratique de l’orchestre. Comment redonner confiance et stimuler des jeunes issus de quartiers défavorisés grâce à la pratique d’un instrument ? Dernière expérimentation en date à Pau.

Répétition de l'orchestre El Camino
Répétition de l'orchestre El Camino © Radio France / Claire Chaudiere

Depuis l’automne dernier, 130 enfants des écoles primaires de deux quartiers de Pau, classés prioritaires "politique de la ville",  les quartiers Saragosse et de l'Ousse des Bois, s’entraînent sept heures et demi par semaine, de manière véritablement intensive avec les professionnels de l’orchestre de Pau, dans un lieu entièrement dédié au projet. Projet intitulé El Camino et que nous présente Valérie Artigas sa responsable pédagogique.

Au début, on était tous un peu inquiets, mais pour notre plus grand plaisir, aucun enfant n'a arrêté

Corinne est institutrice dans l’une des écoles concernées par ce dispositif El Camino. Elle a vu certains enfants se transformer progressivement.

Ce sont des enfants qui ont des parcours assez difficiles. Souvent, ils arrivent dans notre école avec déjà des cassures. Et les voir au contact d'un instrument, c'est assez fabuleux

Et pour mesurer l'impact d'El Camino sur les trajectoires des jeunes et à l'échelle du territoire, un petit groupe de chercheurs suit cette première cohorte d'enfants. Regard scientifique, avec par conséquent le moins d'a priori possible. Yohan est en licence de géographie.

C'est la première fois qu'un comité scientifique peut partir d'un tel projet

 Une idée que la ville et l’orchestre de Pau ne sont pas les seuls à avoir eue

D’abord ce projet El Camino est directement inspiré d’une expérience née en Amérique du Sud : El Sistema qui a formé en 40 ans plusieurs dizaines de milliers de jeunes des quartiers pauvres du Venezuela. Et depuis plus d’une décennie, un autre projet se développe en France, notamment à destination des enfants de quartiers populaires, il s’inscrit cette fois dans le temps scolaire, avec un ressort pédagogique bien particulier, que nous décrit Anna Pouzoullic de l’association "Orchestre à l’école". Les enseignants apprennent très souvent en même temps que les élèves.

Un enfant qui peut être un petit peu cancre en classe, ou avoir des difficultés peut se révéler excellent à l'instrument. Si l'instituteur y assiste, il peut ensuite valoriser ça. D'autre part, souvent, il progresse un peu moins vite que les enfants. Le rapport élève-instituteur est totalement bouleversé

Gaïane a fait partie d’une des toutes premières « classes orchestres » de France. Elle est maintenant  en CAP Petite Enfance. Avec le recul aujourd’hui, elle avoue avoir le sentiment de revenir de loin.

Je ne me sentais pas bien à l'école. J'y allais en traînant des pieds. Et puis, je ne travaillais pas. J'ai fait ma sixième sans faire la classe orchestre. Cinquième, quatrième, troisième, ça n'avait rien à voir. C'est une histoire d'amour. On était obligés de tous se regarder, s'écouter, sinon, on n'avançait pas. Ça m'a sauvée en fait

Des élèves qui pour la plupart ne deviennent pas musiciens, même si des vocations apparaissent. Au delà de ce témoignage émouvant, rendez-vous dans quelques années à Pau pour un bilan de l'impact social de ces orchestres de jeunes.

À noter que la maîtrise de Radio France ou  la Philharmonie de Paris sont aussi engagées dans des démarches auprès de publics issus de quartiers populaires.

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