Le circuit de Magny-Cours dans la Nièvre étant jugé obsolète, le Grand Prix de France de Formule 1 a disparu du calendrier depuis l’année dernière. Il faut trouver un nouveau site. Parmi les projets encore en lice, celui de Flins-Les Mureaux dans les Yvelines, semble tenir la corde, mais se heurte aux défenseurs de l'environnement. Sur le papier, le projet est ambitieux. Un circuit long de 4 kilomètres et demi avec 120 000 places à l'ouest de Paris entre Flins et les Mureaux. 95 hectares en bord de Seine dédiés à la Formule 1. Le tout entièrement financé par le conseil général des Yvelines pour un montant d'environ 120 millions d'euros. Le département n'attend plus que le feu vert du gouvernement pour lancer les travaux. Reste un problème de taille : de nombreux riverains, élus locaux et écologistes s'opposent au projet et multiplient les manifestations. Comme ce week-end, ils étaient près de 600 à défiler dans les rues de Versailles (interviews). Nuisances sonores, gaspillage de l'argent public... Les opposants ne manquent pas d'arguments. Sans oublier la question écologique. Le futur circuit doit être construit sur des terres initialement réservées à l'agriculture biologique. Juste au-dessus d'une nappe phréatique qui alimente en eau potable plus de 400 000 habitants. Une hérésie selon Hélène Danel, la porte-parole du collectif « Flins sans circuit F1 » (interview). Pour les écologistes, ce projet est donc incompatible avec le Grenelle de l'environnement. Faux, répond Jean-François Bel. Pour le vice-président UMP du Conseil général des Yvelines, le circuit ne polluera pas plus que l’usine Renault Flins (interview). Une étude d'impact sur l'environnement est actuellement en cours. En attendant, cette bataille est devenue une affaire d'Etat. Puisque Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie, a clairement pris position contre le circuit de Flins. Tandis que François Fillon et Bernard Laporte, le secrétaire d'Etat aux sports, soutiennent le projet. Une polémique qui, du coup, relance un autre dossier : celui de Sarcelles. Les élus du Val d'Oise espèrent récupérer le Grand Prix de France. Un évènement idéal qui leur permettrait de développer un vaste pôle omnisport aux alentours de Roissy. Le projet, financé par des investisseurs privés, pourrait créer près de 10 000 emplois. Si l'on en croit François Pupponi, le député maire socialiste de Sarcelles (interview). En attendant, le monde de la Formule 1 s'impatiente. Alain Prost, qui s'est personnellement impliqué dans le projet de Flins, dénonce un blocage politique. Quant à l'ancien pilote, Jacques Laffite, il redoute la disparition pure et simple du Grand Prix de France (interview). Au final, le gouvernement et Nicolas Sarkozy devront trancher. Une réunion interministérielle est d'ailleurs prévue la semaine prochaine pour tenter de mettre fin à la discorde et de sauver le Grand Prix de France. Un reportage signé Yann Gallic.

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Le Grand Prix de la discorde, la page spéciale

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