Le tir "vidéo assisté", qui vient en complément des séances classiques de tirs sur cibles pour les policiers, change complètement le rapport à l'espace et à la notion de légitime défense. Ce type d'entrainement a déjà été adopté par les forces spéciales et les militaires.

Un entraînement au tir "vidéo assisté" avec EVA
Un entraînement au tir "vidéo assisté" avec EVA © Radio France / PT-EL

Emmanuel Leclère a pu assister à plusieurs séances de tir "vidéo assisté" adaptées aux gardiens de la paix, de Police secours. Ce sont eux les primo intervenants, placés dans des situations extrêmes de braquage ou d'attentat - on l'a encore vu il y a 10 jours à Paris - où l'on n'a quelques secondes pour réagir.

On est au 4e sous-sol dans le stand de tir du commissariat du Ve arrondissement de la capitale, à Paris

Un stand de tir classique, mais les cibles noires et blanches ont été remplacées par de simples feuilles blanches, et un vidéo projecteur. Ce jour-là, trois gardiens de la paix, deux hommes et une femme. Le créateur d'EVA, Pascal Tran, donne les instructions et deux moniteurs de tirs classiques, venus en observateurs : "Tu fais une séance et c'est le moniteur qui balance un scénario auquel il faut s'adapter. Il faut faire preuve de technicité au niveau du tir, mais il faut aussi faire preuve de discernement, analyser la situation et apporter la réponse. C'est ça qui est intéressant dans le tir." "Par rapport à un entrainement classique, là c'est réel l'adrénaline est plus importante et ça nous fait réfléchir à des situations qu'on pourrait retrouver sur le terrain."

"On a enrichi les situations avec plus d'exercices" explique Pascal Tran, "et avec des environnements spécifiques du type métro parisien, aéroport ou site touristique, donc on améliore leurs capacités à réagir en cas d'attaque sur cet environnement-là." 

Deux policiers s’entraînent au tir sur EVA, le nouveau système "vidéo assisté"
Deux policiers s’entraînent au tir sur EVA, le nouveau système "vidéo assisté" © Radio France / PT-EL

Entre 3 000 et 4 000 agents ont déjà bénéfice d'un ou plusieurs entraînements EVA pour l'instant

C’est le cas de quasiment tous les équipages de police secours de la Préfecture de police de Paris puisque c'est là qu'EVA a été créé et testée en premier lieu, ces derniers mois. Mais selon son concepteur Pascal Tran, EVA est en train d'être adopté par les CRS et dans toutes les régions, comme à Nîmes par exemple. 

Des magistrats sont venus également évaluer ce nouveau système d'entrainement. C'est le cas de Pierre Maître. Il est vice procureur au tribunal de Bobigny en Seine Saint Denis : "On voit bien dans cette application que le temps d'appréciation d'une situation est extrêmement court. En même temps ça suppose une maîtrise de son arme et de la situation qui n'est pas forcément facile. Ça peut être le jour ou la nuit et il peut y avoir sur une scène des passants, des enfants, des véhicules qui passent. Avec ce type d'application ça remet beaucoup plus en mémoire le vécu des policiers."

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