C'est cet après-midi que le projet de loi sur les droits d'auteurs doit être voté par les députés. Le débat a duré 59 heures et 7 minutes très exactement, réparties sur deux semaines. Comme pour le texte sur l'égalité des chances, l'opposition a fait durer les discussions. Pour sortir de cette obstruction parlementaire, le président de l'Assemblée nationale voudrait bien réformer la procédure. Jean-Louis Debré a déposé un projet de réforme du règlement de l'Assemblée nationale pour empêcher les débats-fleuves qui durent des jours et des nuits. L'idée, c'est notamment de réduire le nombre d'amendements, qui sont parfois photocopiés en chaîne avec juste un seul mot qui change. Réduire aussi le temps de parole de l'opposition lors de ce que l'on appelle les "motions de procédure" : ce sont des dispositifs utilisés par l'opposition pour tenter de repousser l'examen d'un texte ou le ralentir. Un orateur peut prendre la parole pendant une heure trente sans s'arrêter. Pour Jean-Louis Debré, ce n'est plus adapté (interview). L'opposition n'est pas du tout d'accord car ce temps de parole c'est parfois son seul moyen de se faire entendre. Le député communiste Jean-Pierre Brard, spécialiste des joutes parlementaires (interview). Autre experte des ficelles parlementaires, la députée UMP Christine Boutin s'est illustrée lorsqu'elle était dans l'opposition. Pour protester contre le PACS, elle avait parlé pendant 5 heures et 27 minutes d'affilée. Le record. Aujourd'hui, elle est l'une des rares dans la majorité à dire qu'il faut laisser l'opposition s'exprimer, même bruyamment (interview). C'est pourtant ce qu'on retient de l'Assemblée : les excès, le chahut du mardi et mercredi après-midi lors des questions au gouvernement où le travail parlementaire n'est pas mis en valeur. Exemple de ce que l'on peut entendre (son). Jean-Louis Debré doit parfois se transformer en maître d'école et tape avec sa baguette en bois sur son bureau du haut de son perchoir. C'est un peu du théâtre. Le patron du Palais Bourbon qui a un bon lien avec des députés de l'opposition s'amuse aussi, comme le raconte le député socialiste de l'Eure François Loncle, d'une circonscription voisine de celle du président de l'Assemblée (interview). Les députés savent s'amuser aussi. Alors pour compenser la réduction du temps de parole des députés, le président de l'Assemblée voudrait créer un véritable statut de l'opposition ? Jean-Louis Debré n'a pas oublié qu'il a lui même été le président du groupe d'opposition le plus important. Ce qu'il propose, c'est de mieux prendre en compte l'opposition lors du travail en commission par exemple, d'associer plus régulièrement l'opposition et la majorité dans les missions d'information ou les commissions d'enquête comme c'est le cas sur Outreau en ce moment. e que la majorité ne voit pas d'un très bon oeil. érôme Chartier, député UMP du Val-d'Oise, auteur d'un livre sur la modernisation de la vie olitique "Le lifting de Marianne" explique pourquoi il n'y croit pas (interview). Les résistances sont parfois fortes. Dépoussiérer le fonctionnement de l'Assemblée, "c'est un peu comme une révolution", explique Jean-Louis Debré. Pour le 12ème président de l'Assemblée de la 5ème république, ce serait l'occasion aussi de laisser son empreinte. Un dossier de Sonia Bourhan.

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