C’est l’un des aspects essentiels de la visite de Barack Obama à Cuba : la reprise des échanges économiques entre les deux pays. Des dizaines de chefs d'entreprise font partie de la délégation américaine et malgré le maintien de l'embargo qui doit être levé par le Congrès, les échanges se multiplient.

C'est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme

Ces voyageurs ils représentent l’avant-garde visible de la présence américaine à Cuba, c’est même spectaculaire, en quelques mois une augmentation de plus de 60%, alors que théoriquement le tourisme n’est pas autorisé. On ne peut venir des Etats-Unis que sur des programmes d’échanges culturels, religieux, ou sportifs. Quasiment tous les américains croisés ces derniers jours à La Havane disent en tout cas qu’ils viennent pour la première fois, comme Cheryl, une new-yorkaise.

Effectivement c’est de plus en plus simple, le motif du voyage est à peine vérifié. Dans quelques semaines on pourra venir en individuel et plus seulement en groupe et au mois de mai 110 vols quotidiens de compagnie régulière américaine atterriront à La Havane.

Arriver par les airs, mais aussi par la mer

C’est un enjeu symbolique et économique majeur : franchir ce bras de mer d’à peine 80 miles entre la Floride et Cuba. Là encore, on y est presque : la compagnie Havana Ferry a obtenu la première licence pour faire cette liaison avec des bateaux de croisières, normalement avant l’été, et son président Jorge Fernandez est dans la délégation américaine à Cuba. L’aboutissement d’un long combat pour Jorge, cubain réfugié aux Etats-Unis et qui a longtemps été isolé dans sa communauté.

Il faut donc s’attendre à des immeubles flottants avec des touristes américains le long des côtes cubaines. Un autre voyagiste, plus modeste, installé à New York nous expliquait qu’il était effrayé à l’idée de ce spectacle

Le tourisme est le premier secteur d’échanges, mais pas le seul, même si l’embargo n’est pas encore levé. Il y a par exemple une société américaine qui a conclu un contrat pour deux hôtels de luxe à La Havane, un entreprise de fabrication de tracteurs qui va s’installer dans la toute nouvelle zone économique de Mariel, le Hong-Kong cubain, et puis l’enjeu essentiel des cargos, le transport de marchandise, là aussi la Floride est la plate-forme idéale. Du fait de l’embargo, seul des produits alimentaires peuvent aujourd’hui être envoyés à Cuba. L’entreprise Crowley Marina a un bateau par semaine et son président Jay Brickman constate que les procédures administratives sont déjà plus rapides.

L’enjeu pour les Etats-Unis il est simple : ne pas abandonner ce marché aux chinois et aux européens qui sont eux déjà très présents à Cuba et qui multiplient les contrats.

La crainte que cela aille trop vite

C’est ce que redoutent certains cubains. Richard Esque, par exemple, vient d’ouvrir un restaurant qui donne sur l’ambassade américaine, clientèle de touristes venus des Etats-Unis ; mais ce trentenaire cubain qui a longtemps vécu en France ne cache pas ses inquiétudes

Fier d’être cubain, il faut s’attendre à ce que Barack Obama et Raul Castro insistent sur cette dimension humaine, mais la réalité c’est bien que les échanges économiques qui se mettent en place vont bousculer la société cubaine.

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