Le 25 février 1967, en avant-goût des grandes grèves de mai, la France assiste au grand débrayage de l’usine de Rhodiaceta à Besançon.

En 1967, des ouvriers et des ouvrières occupent l'usine de textiles artificiels Rhodiaceta, à Besançon
En 1967, des ouvriers et des ouvrières occupent l'usine de textiles artificiels Rhodiaceta, à Besançon © Radio France / Laurence Peuron

À la Rhodia, la lutte débute le 25 février 1967. Très vite, militants, intellectuels et artistes viennent s’en inspirer.

Plus que l’usine de textiles industriels, qui employait alors 3 000 personnes, la Rhodia restera dans l’histoire comme l’étincelle de Mai-68

La Rhodia c’est surtout la rencontre d’une lutte et d'un collectif de cinéastes, le groupe Medevekine autour du réalisateur Chris Marker. Une lutte emblématique de ce qu’a été l’esprit de 68. Un moment où le monde ouvrier aussi sort du cadre de l’usine et où d’autres, c'est-à-dire des intellectuels, des artistes, y pénètrent. À la Rhodia, Chris Marker monte avec les syndicalistes en lutte des groupes Medvedkine. Ce sont les ouvriers eux-mêmes qui filment et racontent leur combat. Pour en faire un film, À bientôt j'espère.

Ces années-là vont me transformer.

Henri Traforetti, syndicaliste CGT de la Rhodia en 1968, militant actif au sein des groupes Medvedkine impulsés par le cinéaste Chris Marker.

Henri Traforetti, syndicaliste CGT de la Rhodiaceta en 1968, militant des groupes Medvedkine impulsés par le cinéaste Chris Marker
Henri Traforetti, syndicaliste CGT de la Rhodiaceta en 1968, militant des groupes Medvedkine impulsés par le cinéaste Chris Marker © Radio France / Laurence Peuron

Chris Marker et Jean-Luc Godard mettent entre les mains des ouvriers des caméras pour qu’ils en usent eux-mêmes comme des outils de combat. 

► ÉCOUTER |Affaires Sensibles sur la grève à Rhodiaceta

Que reste-t-il des luttes de Mai-68 ? Question posée dans la vallée de la Fensch (Gandrange, Florange...) à Serge Jurzcack maire de Sérémange-Erzange ex-leader CGT, après les défaites des ouvriers des hauts-fourneaux de Grandrange et Florange.

Tout ce qui a été gagné a été gagné par des luttes à chaque fois. (...) Mais je pense qu'on a gardé cette culture de lutte qui permettra peut-être demain un partage équitable de la richesse.

Le centre-ville de Sérémange-Erzange
Le centre-ville de Sérémange-Erzange © Radio France / Laurence Peuron

La Rhodia est aujourd’hui un ventre vide. Les machines sont parties en Asie et d’ici à la fin 2018, à l’intérieur, tout aura été avalé par les bulldozers.

La Rhodia, lieu symbolique du combat ouvrier, bientôt entièrement détruite
La Rhodia, lieu symbolique du combat ouvrier, bientôt entièrement détruite © Radio France / Laurence Peuron
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