Samedi prochain se tiendra à Paris un colloque sur la GPA, « La gestation pour autrui ». C'est ainsi qu'on appelle désormais la pratique des mères porteuses. Une appellation qui sonne plus « médicale », peut-être moins polémique aussi. Cette pratique est arrivée en France au début des années 90. Elle est ensuite interdite avec les lois de bioéthique de 1994, contrairement à de nombreux autres pays, dont le Canada, une partie des Etats-Unis, la Grèce, la Russie, plus des pays qui officiellement ne l'interdisent pas comme la Belgique ou les Pays-Bas. On estime en France à plusieurs centaines le nombre d'enfants nés par l'intermédiaire d'une autre mère, dont 2 petites filles, des jumelles, filles de Dominique, le papa, et Sylvie. Sylvie est atteinte d'une maladie qui touche une femme sur 5000 : elle n'a pas d'utérus. Avec son mari, ils choisissent en 2000 d'avoir recours à la gestation pour autrui en Californie, état le plus expérimenté dans ce domaine. C'est Mary qui va porter les fillettes, c'est Sylvie qui se sent le plus enceinte (interview de Sylvie). Mais depuis 7 ans, Sylvie et Dominique se battent pour la reconnaisance juridique de leur filiation. Reconnus père et mère par la loi californienne, ils sont suspectés en France de faux, attaqués au civil, au pénal. Une bataille qu'ils pensaient avoir gagnée il y a 3 semaines : la cour d'appel de Paris jugeait conformes les papiers américains "pour l'intérêt supérieur des enfants". Et voilà qu'il y a 48 heures, ils apprennent que le parquet ne l'entend pas ainsi : l'affaire ira en cassation. Colère de Dominique (interview de Dominique). En France, les avis sont très partagés, mais le sujet est de plus en plus évoqué chez les sociologues, philosophes, médecins... Les mères porteuses, pourquoi pas, si l'encadrement est clair, disent certains. Pour d'autres, être enceinte sur un plan médical et social, cela ne peut pas être fait pour autrui. Le docteur Sylvie Epelboin, de l'hôpital St Vincent de Paul à Paris, réagit, dit-elle, en tant que femme et obstétricienne (interview de Sylvie Epelboin). La gestation pour autrui sera sans nul doute au cœur des révisions des lois de bioéthique en 2009. Entre temps, la cour de cassation aura rendu son arrêt, qui fera peut-être jurisprudence. Affaire à suivre. Un dossier de Danielle Messager.

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Colloque sur la Gestation Pour Autrui

Renseignements sur le colloque qui aura lieu samedi 24 novembre 2007 à Paris.

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