Les travaux du réacteur nucléaire de troisième génération s'éternisent dans la Manche. Près de six ans de retard, un coût multiplié par trois, mais EDF affiche sa confiance.

Le site du réacteur nucléaire de Flamanville, dans la Manche
Le site du réacteur nucléaire de Flamanville, dans la Manche © Radio France / Delphine Simon

Le chantier est sur les rails, affirme l'électricien, qui vient d’organiser une visite guidée pour la presse, à laquelle notre reporter Delphine Simon a assisté.

De loin, le réacteur EPR, Flamanville 3 parait quasi achevé : les grues ont disparu, le dôme recouvre l'enceinte de confinement. Mais à l’intérieur, on se croirait dans les circuits d'un ordinateur : un labyrinthe de couloirs, où s'activent nuit et jour plus de 4000 ouvriers et techniciens. Bertrand Michoud est le nouveau directeur du chantier.

Le chantier est vivant, il y a beaucoup d'activité. Tout ce qui a été testé pour l'instant fonctionne bien. Aujourd'hui, on est à 8 % des essais fonctionnels, il y a énormément de contrôles à la fois sur l'intégrité, la propreté et la bonne installation des circuits.

Un véritable labyrinthe de câbles électriques et de tuyaux
Un véritable labyrinthe de câbles électriques et de tuyaux © Radio France / Delphine Simon

Au total, 400 km de tuyaux, 1800 km de câbles : le circuit primaire est terminé, la cuve en place. La salle de commande est déjà opérationnelle, les essais d'ensemble doivent démarrer au printemps, bref le chantier est sur les rails, répète EDF. Dans la salle des machines, la turbine de l'EPR produira dans moins de deux ans de quoi alimenter en électricité une ville comme Paris.

Si en Finlande, l'EPR n'en a pas fini avec les aléas de chantier, à Flamanville EDF assure que le calendrier sera tenu : l’EPR sera raccordé au réseau fin 2018, en préservant la sécurité. La sécurité, c'est une priorité. C'est ce qu'indique d'ailleurs un immense panneau au fronton de la centrale.

La sécurité, une priorité affichée dès l'entrée du site
La sécurité, une priorité affichée dès l'entrée du site © Radio France / Delphine Simon

Polémique sur certaines parties de la centrale

L'Autorité de sûreté du nucléaire vient toutefois de transmettre à la justice certains dossiers de fabrication pour des pièces falsifiées à l'usine Areva du Creusot. Mais surtout, elle s'inquiète des malfaçons sur la cuve de 425 tonnes. Le taux de carbone de l’acier, très élevé, risque de fragiliser la cuve en cas de choc thermique. Le gendarme du nucléaire devrait rendre son avis au printemps, mais sans attendre, EDF affiche une confiance sans faille. Laurent Thieffry, chargé du projet Flamanville 3.

Aujourd'hui nous disposons de 90 % des résultats, et tous sont conformes au requis. On a fait plus de 1600 essais sur ces pièces, soit plus que ce qui a jamais été fait quand on a conçu à l'époque l'ensemble du parc nucléaire français.

Désormais, EDF s’emploie à rassurer. L’électricien vient de racheter l'activité "réacteurs nucléaires" d'Areva, un contrat conditionné notamment au feu vert de l'Autorité de sureté. Il s’agit aussi de montrer à ses clients potentiels (l’Inde) ou actuels (la Chine et le Royaume Uni) que la technologie de l’EPR est maitrisée. Tout en assurant que le coût annoncé en septembre 2015 sera tenu.

À terme EDF espère même diviser par deux la facture colossale du prototype de Flamanville.

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