Dès le 5 janvier prochain, à partir de 20H, il n'y aura plus de publicité sur les antennes de France Télévisions. La loi sur la suppression de la pub dans la télé publique sera présentée demain en Conseil des Ministres et on a un peu le sentiment que les télespectateurs sont les grands oubliés de cette réforme, présentée par Nicolas Sarkozy comme une véritable révolution culturelle. Alors prenons le au mot : qu'est-ce qui va changer vraiment pour le téléspectateur ? D'abord, c'est une page de 40 ans qui va se tourner. En octobre 1968, la première chaîne de l'ORTF diffusait le premier spot de publicité pour des marques (extrait). Qu'est-ce qui va remplacer les "regrettés" spots publicitaires ? A France télévisions, on y travaille. Alain Vautier, le directeur des antennes de France 3, est chargé de créer le nouvel habillage de France télévisions sans publicité (interview). Autre changement majeur : l'horaire des programmes. Principale nouveauté dès le 5 janvier : la première partie de soirée commencera à 20H35. Quinze minutes plus tôt qu'actuellement. Le Soir 3 avance d'une demi-heure, ainsi que l'émission de Frédéric Taddéi, « Ce soir ou jamais », pour le bonheur de son animateur (interview). Est-ce le début sur France Télévisions d'une programmation totalement délivrée des contraintes de l'audience ? Ce n'est pas si simple. David Lévy est un ancien membre de la commission Copé et ancien cadre de la BBC - la BBC qui n'est pas financée par la publicité (interview). Audience et qualité, c'est le défi à relever pour France Télévisions. Au ministère de la culture, où se négocie en ce moment le nouveau cahier des charges de France Télévisions, on presse les dirigeants du groupe de prendre des engagements. De la chanson française, de la science, de l'environnement en prime time... plus de théâtre et d'opéra... des émissions jeunesse le samedi matin... France Télévisions préfère mettre en avant des termes plus généraux, en s'engageant à investir 20% de son chiffre d'affaires dans la création d'ici 2012. Car à vouloir être trop contraignant, le risque ne serait-il pas d'asphyxier France télévisions ? Jean-Louis Missika est sociologue des médias, également adjoint au maire de Paris (interview). Un reportage de Corinne Audouin.

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Page spéciale sur la réforme de l'audiovisuel public

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