Un reportage d'Olivier Martocq, correspondant permanent de France Inter à Marseille La ville doit être moins sale ce matin. Le préfet a fait intervenir la sécurité civile pour enlever les ordures qui s’amoncellent sur les trottoirs depuis une semaine maintenant. Pour être méchant, on va dire que ça a fait de belles images pour les 20 heures à la télévision, les points les plus emblématiques comme la cannebière et le vieux port ont été traité, mais il y a plus de 5 000 tonnes d’ordures sur les trottoirs les dégager va prendre du temps avec l’armée qui n’est pas vraiment équipée pour ça. Ce matin, les tas étaient toujours présents tout au long du parcours en centre ville que j’ai emprunté pour venir à la radio. Et puis ça risque de radicaliser un peu plus le mouvement : les grévistes bloquent depuis une heure maintenant tous les accès à l’aéroport. L’ambiance ici est de plus en plus tendue, d’autant qu’un nouveau sentiment semble émerger. De plus en plus de Marseillais prennent conscience du coût qu’aura cette grève pour leur ville. C’est un sentiment nouveau. C’est vrai que la population est solidaire, ne critique pas, n’insulte pas les grévistes quand ils lancent des opérations de blocage. Pour autant, on sent monter une colère car de plus en plus de Marseillais ne supportent plus que leur ville soit à chaque conflit social systématiquement à la pointe du combat. Anne Rosier est conseillère en stratégie d’entreprise. Pour les petits patrons, les commerçants, les artisans, qui constituent le socle du tissus économique marseillais - ils sont plus de 40 000- la situation actuelle est dramatique. Alain Gargani est organisateur de congrès et vice-président de la CGPME à Marseille. Voilà pour ceux qui ont la tête dans le guidon : impactés directement par la multiplication des mouvements de grève. A l’opposé, il y a un chef d’entreprise au moins qui en profite et il a osé nous le dire parce qu’il n’en a pas honte. Dominique Bluzet dirige les quatre théâtres les plus importants de Marseille et d’Aix-en-Provence et en ce moment, ils sont pleins tous les soirs, comme si les gens avaient besoin de sortir pour oublier. Son analyse sur Marseille est néanmoins très pessimiste. Vous allez me dire, il y a Marseille 2013 capitale européenne de la culture, un projet porteur qui a par exemple relancé Lille. Oui, sauf qu’ici, personne pour l’instant n’a la moindre idée pour lui donner du souffle.

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