Le Samu social de Paris
Le Samu social de Paris © MaxPPP/Bruno Levesque

Zoom ce matin sur ces familles sans logement, hébergées par le 115 de Paris : sans papiers, ressortissants de l'union européenne ou encore familles monoparentales en difficultés, près de 35.000 personnes, rien qu'en Île de France. Et plus de huit familles sur dix vivent sous le seuil de pauvreté.

L'observatoire du Samu social de Paris vient de réaliser une étude sur 800 de ces familles hébergées par le 115 de Paris. Le constat est très préoccupant, notamment concernant les conditions de vie des enfants.

Pierrick Bonno s'est rendu à Igny dans l'Essonne, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris. C'est là que se trouve une résidence hôtelière privée au bord de la nationale : 115 studios en tout. Presque tous loués à l'année par le Samu Social. Dans une de ces chambres vit une famille arménienne depuis plus de trois ans : les parents et leurs deux enfants demandeurs d'asile.

L'ainée, Sona, a 24 ans. Elle nous fait visiter ce qu'elle appelle sa maison. 15 mètres carrés pour quatre personnes.

Quand nous commes couchés, personne ne peut bouger

Pas de machine à laver, une plaque électrique dans le couloir en guise de cuisine et deux canapés-lits pour tout le monde. Givork, 15 ans, s'endort tous les soirs entre son père et sa mère.

Et selon l'étude de l'observatoire du Samu social, 41% des enfants en hébergement d'urgence sont dans ce cas...

La directrice de l'observatoire, Emmanuelle Guyavarch, appelle ça le co-dodo

Givork et Sona ne sont plus des bébés depuis longtemps. Et Avec leurs mots à eux il se plaignent de ce manque d'intimité

C'est un peu difficile pour nous. J'ai envie de retrouver ma maison d'Arménie

Enfant sans papiers
Enfant sans papiers © CC Ernest Morale

Les enfants ont des problèmes de socialisation mais aussi de scolarisation, aggravés par les déménagements d'hôtel en hôtel. Pour vous donner un ordre d'idée : entre six et 12 ans, un enfant sur 10 ne vas pas du tout à l'école. Des conditions d'hébergement qui ont également des conséquences sur leur santé. Sur l'alimentation notamment. La plupart des familles hébergées en urgence se nourrissent avec les colis alimentaires fournis par les associations caritatives, mais un quart des enfants souffre quand même de malnutrition.

Audrey Berreskalal se rend tous les jours dans les hôtels qui hébergent ces familles. Elle est travailleuse sociale à la croix rouge de Seine Saint Denis

Quans les parents ne peuvent pas cuisiner les enfants mangent tous les jours une boite de ravioli

Notez que 20% des familles ne sont pas du tout couvertes par l'assurance maladie. Face à ce constat alarmant, les associations appellent le gouvernement à agir.

La fédération nationale des associations de réinsertion sociale réclame notamment un plan d'urgence pour reloger ces familles.

Florent Gueguen est le directeur général de la FNARS

On peut faire autrement pour pas plus cher

Le Samu social propose aussi de réinvestir les 165 millions d'euros consacrés chaque année à l'hébergement d'urgence. Objectif : racheter des hôtels pour les transformer en lieux de résidence pour familles sans logement.

Et puis une solution qui ne couterait rien : régulariser les familles sans papiers présentes depuis plus de cinq ans sur le territoire français. Elles seraient environ 500 hébergées par le 115. Avec des papiers, beaucoup plus simple de trouver un emploi et donc un logement.

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