C'est aujourd'hui le 5ème anniversaire de la catastrophe d'AZF, qui avait fait le 21 septembre 2001, à 10h17, 30 morts - 22 sont morts à l'intérieur de l'usine - et 3 000 blessés - dont 800 ont dû être hospitalisés. A l'époque, la force de l'explosion avait été estimée à l'équivalent de 20 à 40 tonnes de TNT. Depuis, Toulouse se reconstruit peu à peu. Et le moins qu'on puisse dire c'est que le temps administratif n'est pas le temps des citoyens. Si les maisons ont été reconstruites assez vite, pour les bâtiments publics, c'est en cours. Si les grands équipements comme le Stadium, pour le foot, et le Zénith pour le rock, ont été rouverts il y a plus de deux ans, il aura fallu attendre le début de cette année pour l'ancien immeuble EDF proche d'EDF transformé en bureaux pour des PME avides de profiter des déductions fiscales de la zone franche urbaine. Le mois dernier, le palais des sports, reconstruit, était à nouveau opérationnel. L'un des deux lycées soufflés par l'explosion a été déplacé en banlieue toulousaine et l'autre ne pourra rouvrir que dans deux ans au mieux, à cause de problème d'appels d'offres infructueux. Les habitants des quartiers entourant l'ancienne usine et le futur cancéropôle toulousain sont sceptiques sur la reconversion, à l'image de Gérard Adam, président de l'association rue Bernadette en colère (interview). La diversification économique est vraiment une nécessité pour Toulouse. Au-delà de l'image rose de la vie économique toulousaine, avant AZF il y avait 3 piliers : l'aéronautique, l'espace et la chimie. Avec la disparition d'AZF, il ne reste plus beaucoup d'emplois industriels dans l'agglomération toulousaine : l'idée c'est de faire à la place d'AZF un cancéropôle, avec des labos de recherches publics et privés sur le cancer, une unité de soins associant CHU et centre anti cancéreux Claudius Régaud, soit environ 4 000 salariés. Jean-Luc Moudenc est maire de Toulouse (interview). Depuis l’explosion, l’agglomération toulousaine souhaite substituer à la chimie industrielle, la chimie fine, autrement dit, plutôt la pharmacie et la recherche sur le médicament. Mais pour les victimes, tourner la page, n’est pas si simple. C'est évidemment souhaitable économiquement, reste que la dépollution totale du site est loin d'être terminée, que le problème de l'ancienne poudrerie de Braqueville qui jouxte le futur cancéropôle, n'est toujours pas réglé. D'après le ministère de la défense, les ballastières, de la poudre explosive en bandelettes recouvertes par de l'eau n'est pas dangereuse. Les toulousains appellent l'endroit, « le bois qui pète », preuve que tout n'est pas si rassurant. Le ministère de la défense a promis de s'occuper du problème en septembre dernier, soit en désactivant sur place les matières sensibles, soit en les transférant. Depuis, plus aucune nouvelle. Le sentiment général des toulousains c'est de tourner la page comme, Franck Biazotto agent immobilier, venu s'installer en zône franche, alors qu'il vivait à Paris (interview). Il y a évidemment des rendez-vous du souvenir aujourd'hui à Toulouse. En fait, il y en a 3 : les ouvriers d'AZF se réuniront à 10h autour de la stèle sur le site de l'ex usine AZF pour penser à leurs 22 camarades décédés. Les autres associations ont rendez-vous à 10h17, heure de l'explosion au rond-point du 21 septembre, et enfin à 10h30, une messe sera célébrée à l'église de la Trinitié : même les libres penseurs devraient y assister pour se retrouver entre gens du quartier. Un reportage de Stéphane Iglésis, correspondant à Toulouse.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.