En 2005, une directive a établi le principe de l’équivalence des diplômes entre membres de l’Union Européenne. La Roumanie est entrée dans l’Union le 1er janvier 2007 et elle séduit des étudiants en médecine recalés en première année. Beaucoup partent étudier à l’Université de Cluj, dans le nord-ouest du pays. Qu’est-ce qui les attire ? En France, on limite à 8 000 le nombre des étudiants admis par concours en deuxième année, selon la règle en vigueur depuis 1971 du numerus clausus. Il y a beaucoup de rebus. Deux premières années manquées et c’est fini en France. Reste Cluj en Roumanie, où l’on peut faire autant de premières années qu’on veut, à condition de payer. L’enseignement est en français les 3 premières années. Les étudiants roumains, contrairement aux autres, doivent passer un concours d’entrée. Les 530 premiers obtienennt une inscription gratuite, les autres doivent payer commes les étudiants étrangers. Une inégalité compte tenu de leur niveau de vie. Les étudiants français en médecine quittent la Roumanie au bout de 6 ans pour passer le concours d’internat en France. La plupart des étudiants du Maghreb retournent exercer chez eux. Pour eux, le diplôme de médecine de Cluj n’est valable en France que s’ils acquièrent la nationalité ou deviennent binationaux. Avec le doublement des frais d’inscription, la filière francophone de médecine de Cluj devient un immense entonnoir à candidatures pour 80 places en première année avec une sélection par l’argent. Un reportage de Philippe Reltien et Jean-Marie Porcher.

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