Depuis lundi, à 7h15, retour sur les évènements qui ont marqué l’année 2005, année notamment où Jean-Paul II meurt, Benoît VI lui succède. En ce début d'année 2005, Jean-Paul II est très malade. Il a 84 ans et après 26 ans de pontificat, le pape sportif, l'infatigable voyageur arrive, épuisé, au terme de sa vie. Mais il refuse d'abandonner. On assiste alors au spectacle de son agonie, sa trachéotomie, ses forces qui l'abandonnent. Le 6 février, sa bénédiction depuis la fenêtre de la clinique Gemelli n'est qu'un râle désespéré et douloureux. Spectacle indécent pour les uns ; formidable exemple de courage et de volonté pour les autres. Des milliers de fidèles arrivent du monde entier à Rome et le pape Jean-Paul II s'éteint le 2 avril au soir. Ses obsèques vont être grandioses et les hommages unanimes. Rome est prise d'assaut : 1 million de fidèles, 85 chefs d'état et de gouvernement. Toutes les religions sont en deuil et les télés du monde entier accourent. Jusqu'à sa mort, ce pape aura été un pape d'images et de media ! Ensuite, les cardinaux vont se réunir pour élire son successeur. Le 18 avril, le conclave commence. Et évidemment, tout le monde s'interroge pour savoir qui pourra succéder à une telle personnalité. Et à ce moment là, deux tendances s'affrontent. Il y a ceux qui veulent un pape différent, car le bilan de Jean-Paul II est contrasté. Les églises d'Afrique, d'Amérique du sud et d'Asie sont très dynamiques certes, mais elles se vident en occident, et les candidats à la prêtrise se font de plus en plus rares. Jean-Paul II est resté intransigeant sur la morale sexuelle, jusqu'à devenir incompris par une bonne partie des fidèles européens. On veut donc un pape plus jeune, plus moderne, en accord avec son époque, et qui représente l'hémisphère sud c'est-à-dire la grande majorité des catholiques. Et puis il y a l'autre tendance, celle de la continuité. Et là, évidemment, c'est le cardinal Ratzinger qui fait figure de favori. C'est le doyen du sacré collège. Il est resté pendant des années dans l'ombre de Jean-Paul II. Il a une vraie connivence de pensée avec lui, mais il est âgé, il a 77 ans. On s'attend donc à des débats serrés durant le conclave et surprise, le cardinal Ratzinger est élu dès le deuxième jour ! Il était l'un des grands favoris. C'est sans doute le plus brillant des cardinaux, un théologien hors pair. Ensuite, après le tourbillon Jean-Paul II, les cardinaux ont pensé qu'il fallait peut être faire une pause. Et puis, il faut rappeler que Jean-Paul II avait nommé quasiment tous les cardinaux en poste. Et de fait, la majorité d'entre eux est davantage conservatrice que progressiste. Benoît XVI est maintenant en place depuis 8 mois. Et quelle différence avec Jean-Paul II ! Quel contraste ! Autant le premier était entreprenant et charismatique, autant son successeur est discret ! Différence de style et de tempérament. Le cardinal Ratzinger était d'ailleurs agacé par tous les voyages de Jean-Paul II, car pendant qu'il courait de par le monde, les affaires internes n'étaient pas réglées. Mais sur le fond, Benoît XVI est bien dans la ligne de son prédécesseur. Il poursuit le dialogue interreligieux, notamment avec les juifs, grand cheval de bataille de Jean-Paul II. Il veut également rassembler les chrétiens. Jean-Paul II n'a jamais pu aller en Russie se réconcilier avec les orthodoxes. Benoît XVI poursuit les travaux d'approche. Idem avec la Chine. La doctrine sociale de l'Eglise reste la même : critique du libéralisme, de la surconsommation. Il dénonce les injustices, la pauvreté et se veut lui aussi le défenseur de la paix. Et puis il y a les questions de morale. Certains espéraient des prises de position audacieuses. Ils sont déçus ! Comme Jean-Paul II, Benoît XVI refuse le préservatif dans la lutte contre le sida. Pour le sacerdoce, pas question de femmes ou de prêtres mariés. Et en plus, il vient d'interdire la prêtrise aux homosexuels ! Donc pour le moment, rien de nouveau à Rome. Les réformes se font attendre. Son encyclique, sorte de programme papal n'est toujours pas publiée. Certains parlent déjà de passivité. En tout cas, Benoît XVI laisse perplexe. Un dossier de Dominique Delaroa, spécialiste des religions à France Inter.

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