Le droit à l’avortement est menacé dans plusieurs états américains. Et notamment dans le Kentucky où la dernière clinique de l’Etat qui pratique des interruptions volontaires de grossesse, risque de fermer. Une décision est attendue dans les prochains jours.

L’avortement est menacé dans le Kentucky.
L’avortement est menacé dans le Kentucky. © Radio France / Grégory Phillips

A Lousville, la situation parait folle. La pression sur cet établissement est telle que les patientes sont obligées de se faire escorter pour s’y rendre. Chaque matin à partir de 8 h, vous avez devant cette clinique une petite douzaine de manifestants qui s’installent devant la porte de l’établissement.

Ils ont apporté des pancartes avec des images de fœtus et des slogans : "ici, on tue des bébés !"  Et quand au coin de la rue, une jeune fille ou une jeune femme approche, et bien ces manifestants anti-avortements lui tombent dessus. La manifestante, Donna, propose à la jeune fille, effrayée, d’aller quelques mètres plus loin dans une autre clinique où, promet-elle, on lui fera écouter le cœur de son enfant. 

Un chapelet et un compteur

Donna vient ici 5 matins par semaine, avec à la main un chapelet et un compteur pour savoir combien de femmes sont entrées dans la clinique dont elle souhaite plus que tout la fermeture.

Alors pour permettre aux jeunes filles notamment de venir jusqu’à la clinique, des bénévoles en gilets oranges les attendent au coin de la rue puis les escortent jusqu’aux portes teintées de l’établissement. George est étudiant en médecine, présent ici 2 matins par semaine. 

Mais une fois que la patiente est entrée dans la clinique, d’autres manifestants se pressent contre les vitres teintées et crient leurs prières pour intimider les patientes et le personnel.

La pression de ces manifestants

En plus de la pression de ces manifestants, la clinique est aussi soumise à un risque de fermeture administrative. Depuis des mois, cette clinique se bat contre l’Etat du Kentucky qui lui reproche de ne pas être en règle en ce qui concerne le transport des patientes et notamment pour les urgences médicales. Heather Gatnarek est l’avocate qui représente la clinique, pour le compte d’une association de défense des droits civiques. Pour elle, il s'agit tout bonnement, d'une bataille politique. Il y a 20 ans, aux Etats Unis, 450 cliniques pratiquaient des IVG, elles sont deux fois moins nombreuses aujourd’hui et dans le Kentucky, celle-ci est donc la dernière.  

"Si elle est ferme, c’est une catastrophe" dit Georges le bénévole en gilet orange. Mais le Kentucky n’est pas un cas isolé. Dans 5 autres états américains, Mississippi, les deux Dakota, le Wyoming et la Virginie occidentale, il n’y a plus qu’un seul endroit où les femmes qui veulent avorter peuvent encore le faire.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.