Pour le grand débat national, Saint-Etienne a prévu une cinquantaine de consultations publiques jusqu’au 15 mars. Des réunions sont aussi organisées dans les petites communes de la Loire et de la Haute-Loire. Des zones rurales où les "gilets jaunes" restent mobilisés et où le grand débat peine à convaincre.

En Haute-Loire, plusieurs ronds-points sont toujours occupés par les "gilets jaunes".
En Haute-Loire, plusieurs ronds-points sont toujours occupés par les "gilets jaunes". © Radio France / Yann Gallic

Boën-sur-Lignon est une petite ville de 3 400 habitants à une heure de voiture de Saint-Etienne. Des "gilets jaunes" sont accrochés aux fenêtres des maisons ou sur des poteaux plantés le long de la route. À Boën, la contestation ne semble pas faiblir. Chaque jour, ils sont une vingtaine à occuper le rond-point situé à l’entrée de la ville. Essentiellement des retraités comme Jean qui était autrefois agriculteur : "La première chose à faire, c’est de relocaliser le travail dans les zones rurales. Avant ici, on vivait grâce à l’agriculture et aux usines métallurgiques. Maintenant, il n’y a plus rien. C’est un désert !"

"Le grand débat, c’est de l’enfumage"

Ancienne professeur d’anglais, Marie-Paule vient presque tous les jours sur ce rond-point. Elle a déjà participé à plusieurs réunions publiques mais elle ne se fait aucune illusion sur l’issue du débat national : "C’est de l’enfumage! On est allés interpeller notre député. Il ne nous a pas écoutés. Nous sommes les oubliés. Dans les territoires ruraux, il faudrait plus de services publics car on est loin des grandes villes."

Les gilets jaunes de Boën-sur-Lignon restent mobilisés.
Les gilets jaunes de Boën-sur-Lignon restent mobilisés. © Radio France / Yann Gallic

Après trois mois de mobilisation parfois anarchique, les "gilets jaunes" cherchent désormais à se structurer en se rapprochant par exemple des syndicats comme la CGT. En Loire et en Haute-Loire, des porte-paroles ont également été désignés sur la plupart des ronds-points encore occupés. À Boën-sur-Lignon, les "gilets jaunes" sont favorables à la création d’une "fédération des ronds-points" pour expérimenter une vraie démocratie participative.

"L’occasion rêvée de pouvoir discuter"

Même s’ils restent minoritaires, certains "gilets jaunes" ont décidé malgré tout de jouer le jeu du grand débat. Lors d’une réunion publique organisée à Saint-Jean-Bonnefonds près de Saint-Etienne, ils étaient une quarantaine rassemblés dans la salle des fêtes prêtée par la mairie. Des habitants de tous les âges, actifs ou retraités. Parmi eux, quelques "gilets jaunes" sont venus faire entendre leur voix. 

Une annonce pour le grand débat national sur la façade de la bourse du travail à Saint-Étienne.
Une annonce pour le grand débat national sur la façade de la bourse du travail à Saint-Étienne. © Radio France / Yann Gallic

Karine Segura est l’organisatrice de cette réunion. Agent d’entretien dans la fonction publique, elle touche un salaire mensuel de 898 euros. Les fins de mois sont difficiles pour cette mère célibataire. Karine a rejoint le mouvement des "gilets jaunes" dès les premiers jours : "Je ne suis pas là pour demander la démission d’Emmanuel Macron. J’espère que ce débat va faire bouger les choses et que le président va nous écouter. Il faudrait qu’à un moment donné, ce mouvement s’arrête. Là, c’est l’occasion rêvée de pouvoir discuter et de faire une trêve."Une trêve jusqu’à la fin des débats prévue le 15 mars. Mais Karine Segura prévient: si les réponses du gouvernement ne sont pas à la hauteur des attentes, il faudra se préparer à une nouvelle vague de contestation.

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.