C’est donc finalement à Vaulx-en-Velin, près de Lyon, que Fadela Amara, la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, dévoilera aujourd'hui les contours de son plan banlieue. Il y a 18 ans, des émeutes avaient éclaté dans le quartier du Mas du Taureau de Vaulx-en-Velin. Depuis, les différents plans banlieue ont-ils changé la ville ? Manifestement, cette ville a changé et son image aussi. D’abord pour ses habitants eux-mêmes ; c’est un regard bien plus positif, qu’ils portent aujourd’hui sur Vaulx-en-Velin, et ils disent qu’ils s’y sentent bien. En témoigne cette petite réflexion de Miloud, glanée au Mas du Taureau (interview). Les quartiers ont successivement subi de sérieux liftings. Le centre ville s’est complètement métamorphosé. Les plans banlieue successifs, ça se voit, à Vaulx en Velin. Maurice Charrier, maire de la ville depuis 20 ans, reconnaît que l’argent qu’ils ont apporté était indispensable (interview). Aujourd’hui, on voit même fleurir les programmes immobiliers privés ; ce qui aurait été inimaginable, il y a encore quelques années ! La mixité sociale se réalise aussi sous l’effet du boum de l’immobilier, qui chasse les couches moyennes de Lyon ! C’est une réussite que Claude Jacquier analyse aussi comme celle du « Grand Lyon ». Claude Jacquier est Directeur de recherche au CNRS et expert auprès de l’Union Européenne, pour la politique de la ville (interview). Chacun est bien conscient que l’équilibre est précaire, et que sans doute, un nouvel évènement dramatique pourrait encore dégénérer en flambée de violence urbaine. L’emploi et le logement restent les maillons faibles des politiques de la ville – parce que ce sont des enjeux nationaux qui sortent du cadre de traitement local - mais une politique très volontariste montre pourtant sa pertinence, avec surtout le succès des zones franches. Et les pépinières d’entreprises qui œuvrent en direction des jeunes créateurs vaudais, ont aussi un réel effet d’entrainement. Jean-Luc Vessot est directeur d’une pépinière d’entreprises (interview). Les vaudais aimeraient pourtant que, dans ces domaines de l’emploi et du logement, les choses avancent plus vite. Hatem Didri est chargé d’insertion professionnelle (interview). En conclusion, les spécialistes de la politique de la ville rejoignent les habitants sur une demande très forte : ils veulent être consultés sur tout ce qui touche à leur vie. Claude Jacquier ne dit pas autre chose : « Peut-on en effet, espérer mieux d’une politique de la ville, si les premiers intéressés n’ont pas accès aux instances de délibération et de décision de la cité ? » écrivait-il dès 1999 ! Un reportage de Nicole Guillard, en direct de Lyon.

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