Alexis Tsipras, le leader du parti anti-austérité grec Syriza.
Alexis Tsipras, le leader du parti anti-austérité grec Syriza. © EPA/MaxPPP

Les Grecs élisent leurs représentants au Parlement, dimanche. Donné favori dans les sondages d’opinion, le parti d’extrême-gauche Syriza pourrait arriver en tête des suffrages. Un sujet d’inquiétude pour la classe moyenne grecque.

A trois jours du vote, le parti de gauche radicale Syriza est crédité de 31 % d’intentions de vote, contre 27 % pour la Nouvelle Démocratie (ND), le parti du Premier ministre conservateur Antonis Samaras, et pourrait prendre la tête d’une coalition gouvernementale.

Vers un gouvernement de coalition

300 députés siègent au Parlement grec. Pour qu’un parti obtienne une majorité, il lui faut 151 élus. Compte tenu des sondages actuels, ni Syriza ni Nouvelle Démocratie n’atteignent ce chiffre, même en comptant la prime de 50 députés qui revient au parti en tête du scrutin. Il faudrait alors former un gouvernement de coalition, et les petits partis pourraient faire pencher la balance. Pourtant, Syriza veut croire qu'il lui est possible d'obtenir la majorité absolue.

Georges Katrougalos, député européen Syriza, invité du journal de 13 h :

Nous espérons bien avoir une majorité absolue ! Dans les grandes villes, les sondages nous donnent parfois jusqu'à 10 % d'avance, moins en province. Si nous assurons une avance suffisante à Athènes et Thessalonique, nous sommes très proches d'une majorité absolue au Parlement.

Pour l’instant, aucune perspective d'entente entre Syriza et un autre partenaire ne s'est dégagée. Mais le parti centriste To Potami serait en mesure de trancher. Ce parti pro-européen est en troisième position dans les sondages d’opinion. Quelques mois seulement après sa création, il est crédité de 6 % d’intention de votes. Son leader, l’ancien journaliste de télévision Stavros Theodorakis, s’est dit prêt à négocier, aussi bien avec Syriza qu’avec Nouvelle Démocratie, une alliance qui aurait l’avantage de rassurer les partenaires européens de la Grèce, en cas de victoire de Syriza. Dans les sondages, To Potami est talonné par le parti néonazi Aube dorée et les communistes du KKE.

Le programme de Syriza

Alexis Tsipras en bref
Alexis Tsipras en bref © Radio France

Le programme de Syriza a tout pour déplaire aux investisseurs : augmentation du salaire minimum, moratoire sur les dettes privées aux banques, annulation d’une partie de la dette publique et augmentation des dépenses de l'Etat via des aides sociales accrues pour les défavorisés.

L’exact opposé des mesures prises depuis 2010. Dans le cadre du plan d’aide lancé il y a cinq ans, la Grèce a reçu 240 milliards d’euros de créanciers internationaux, en échange de mesures d’austérité drastiques, qui ont eu un coût social élevé pour la population, dans un pays où le taux de chômage de la population active dépasse 25 %.

Le leader de la Syriza, Alexis Tsipras, veut relancer l’économie grecque par l’investissement public, ce qu’il ne pourra pas faire sans négociations avec les créanciers de la Grèce : le FMI et l’Union européenne.

Syriza demande à négocier la dette publique grecque au sein d'une conférence internationale, comme celle de Londres, en 1953, qui a effacé en grande partie la dette allemande après la guerre.

Georges Katrougalos,député européen Syriza, invité du journal de 13 h :

La question de la dette n'est pas exclusivement grecque. Elle concerne tous les pays européens. La cohésion de l'Union européenne est aussi en péril.

La Grèce, une économie fragile

L’incertitude politique sur l’action du futur gouvernement grec fragilise le pays économiquement. Vendredi dernier, deux banques grecques, Alphabank et Eurobank, ont demandé des liquidités d’urgence à la BCE, la Banque centrale eurpéenne, dans la perspective de retraits d’argent massifs après les élections. En décembre, 3 milliards d’euros ont déjà été retirés aux guichets des banques, une situation que la banque de Grèce estime avoir sous contrôle. La BCE doit étudier la question jeudi.

Alors que le programme d’aide, déjà rallongé une première fois, doit s’achever en février, la dette publique s’élève toujours à un montant élevé, 178 % du PIB grec. Le FMI a reconnu que la viabilité de la dette grecque était une source d’inquiétude. A Bruxelles, un rallongement de six mois du plan d’aide est évoqué, le temps, pour le nouveau gouvernement issu du Parlement élu dimanche, de prendre les mesures nécessaires rapidement.

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