EnIle-de-France , plus de 500 000 foyers sont en attente d’un logement social pour environ 80 000 attributions par an. Obtenir une HLM est donc un vrai parcours du combattant. Les maires ont le pouvoir d’attribuer ces logements et certains en ont profité pour se bâtir une clientèle électorale comme à Clamart, l’ancien maire PS Philippe Kaltenbach condamné pour avoir accepté de l’argent contre la promesse d’un logement. Claude Ho Masia , présidente de l’association des locataires indépendants de Clamart raconte :

Claude Ho Masia, présidente de l’association des locataires indépendants de Clamart
Claude Ho Masia, présidente de l’association des locataires indépendants de Clamart © ST/RF / ST/RF

Dans mon immeuble il y a toute une famille installée ici après avoir adhéré au PS. On savait très bien que les personnes qui cotisaient au PS avaient plus de chance de se voir attribuer un logement que d’autres. On sait quand quelqu’un adhère à un parti, et aussi quand elle a voté ou pas. J’étais la première à conseiller à des personnes d’aller voter et d’adhérer au PS tout en étant indignée. Mais ça c’est toujours fait !

Autre exemple de ce clientélisme : àPuteaux ou la mairie de droite, via son office HLM, attribue un quart de l’ensemble des logements de la commune. Une mairie qui est aux mains de la même famille depuis un demi-siècle comme le précise Christophe Grebert , conseiller municipal Modem à Puteaux :

Ici ça fait près d’un demi –siècle que c’est la même famille qui attribue les logements sociaux : il y a eu le père, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille Joëlle, puis derrière suit le fils et petit-fils, Vincent Franchi, maire adjoint chargé du logement

Ces dérives ont des conséquences ; En Ile-de-France certains offices HLM logent des ménages qui bénéficient de ressources importantes. En 2015, la Cour des comptes a ainsi épinglé le bailleur social France Habitation :

Parmi les situations les plus emblématiques, voici quelques exemples : une personne seule louait 17m2 dans le XVème arrondissement de Paris avec des revenus de 108 000€ soit 380% de dépassement. Un couple louait 84m2 dans le XXème arrondissement avec des revenus de 118 000€ ; un couple louait 35m2 dans le Vème arrondissemnt avec des revenus de 100 000€ par an soit un dépassement de 200%.

Pour remédier à ces abus, la ville de Paris a mis en place depuis octobre 2014 un système plus transparent : n’importe quel parisien peut assister aux commissions d’attributions de logement s. Mais au-delà des conditionss d’attributions, un problème essentiel demeure selon Jean Levain, ancien maire radical de gauche deChaville :

Le principe de laisser les gens indéfiniment à la même place durant 30-35 ans, quelle que soit l’évolution de leurs revenus ou de leurs besoins – ce qui se passe dans les zones de tensions – est totalement contraire au bon sens et à la justice les plus élémentaires

Conséquence : 50 % des personnes qui sont logées en HLM en Ile-de-France dépassent les plafonds de l’aide au logement.

Enfin, aujourd’hui, la construction de logements sociaux en région parisienne favorise de plus en plus les logements dits PLS (Prêt Locatif Social) , réservés pour la classe moyenne, moyenne plus - au détriment des logements dits PLAI (Prêt locatif aidé d'Intégration), -réservés aux plus pauvres. La Cour des comptes le dénonce : depuis 2005, le nombre dePLAI construits a été presque divisé par deux, et le nombre dePLS multipliés par deux.

►►► Une enquête de Sylvain Tronchet à retrouver ce soir dans Secrets d'Info à 19h20

Les liens

Le logement en Île-de-France : donner de la cohérence à l’action publique Le rapport de la Cour des comptes d'avril 2015

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