Depuis le mois d'octobre, l'Hôpital Intercommunal de Créteil propose un test de fertilité très complet, une première en France. En moins d'une heure, les femmes qui s'interrogent sur leur capacité à devenir mère peuvent ainsi se rassurer ou prévenir d'éventuelles difficultés de procréation.

Le docteur jean Marc Levaillant devant les images d’examen de sa patiente en salle d’échographie
Le docteur jean Marc Levaillant devant les images d’examen de sa patiente en salle d’échographie © Radio France / Véronique Julia

Ce jour là, Laure 27 ans, jeune cadre dynamique terrorisée à l'idée de ne pas pouvoir un jour exaucer son rêve d'avoir quatre enfants, a rendez-vous pour son check-up. Un peu de patience en salle d'attente, puis elle est reçue par le Docteur Jean-Marc Levaillant, gynécologue, en salle d'échographie. Pendant environ une heure, le médecin va l'ausculter et vérifier à la fois ses ovaires, ses trompes, et son utérus. 

Il doit d'abord vérifier que les ovaires contiennent un nombre suffisant de follicules (on appelle ça la réserve ovarienne). C'est un élément clé de la fertilité chez la femme puisque l'un de ces follicules donnera un ovocyte qui sera relâché pendant l'ovulation. Le médecin vérifie ensuite si les trompes de Fallope ne sont pas bouchées. Enfin, il doit exclure toute maladie, qui empêcherait une grossesse tels que fibrome, nodule, ou encore endométriose. 

À l'issue de cet examen, la patiente est reçue par le professeur Nathalie Massin, médecin de la reproduction et responsable du centre l'assistance médicale à la procréation à l'hôpital intercommunal de Créteil. Elle écoute le projet de la patiente et lui expose les résultats de l'examen. 

Dans le cas de Laure, tout va bien. La jeune femme est en pleine forme. Le Professeur Massin va donc simplement lui demander dans quels délais elle projette une grossesse et lui prodiguer quelques conseils, comme prendre un supplément en acide folique, ou arrêter de fumer car le développement du fœtus risquerait d'en pâtir.

Mais toutes les femmes n'ont pas la chance de Laure. Ce test de fertilité se fait depuis le mois d'octobre, le centre a déjà vu passer une quarantaine de femmes et, pour certaines, l'examen n'a pas été aussi simple.  Selon les résultats, le femmes devront subir une chirurgie, subir un traitement hormonal, solliciter un don d'ovocyte ou même conserver leurs ovocytes. Les médecins les orientent alors vers les pays comme l'Espagne, où cette conservation est autorisé, puisque ce n'est pas encore le cas en France.

Les femmes qui sont venues ici avaient de 21 à 46 ans. La plus jeune est venue car elle craignait qu'une maladie sexuellement transmissible contractée plus jeune, et soignée depuis, n'ait endommagé sa fertilité. La doyenne, celle de 46 ans, voulait un enfant de son compagnon, plus jeune qu'elle. Mais l'examen a confirmé que c'était trop tard pour mener le projet et qu'il faudrait peut être s'orienter vers un don d'ovocyte. 

Une autre jeune femme d'une trentaine d'année avait un lointain projet de grossesse. Elle a dû avancer le projet car sa réserve ovarienne était faible et ne lui permettait pas d'attendre trop longtemps

Chute brutale de la fertilité après 35 ans

La moyenne d'âge des patientes ici tourne autour de 31 ans, et Nathalie Massin leur répète souvent : "N'attendez pas trop ! Car même si certaines échappent à la règle, la fertilité d'une femme chute brutalement après 35 ans ! C'est important de le rappeler alors que les femmes ont des projets de grossesse de plus en plus tardifs, parfois à cause de leur carrière, mais parfois aussi parce que leur compagnon n'est pas prêt, ou qu'il est plus jeune qu'elle et pas dans la même urgence biologique."

Si cette consultation a vu le jour, c'est parce que Nathalie Massin voyait trop souvent arriver, trop tard, dans son centre de PMA, des couples avec des problèmes d'infertilité. "Parfois, en agissant plus tôt,  la situation aurait pu être réglée, dit elle, beaucoup plus facilement" dit-elle. C'est ce que permet ce check-up préventif. Encore faut-il avoir les moyens de s'offrir cet examen, car il n'est pas remboursé et coûte quand même 350 euros.

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.