Jamais le Vème arrondissement de Paris n'a voté pour un maire de gauche. Jamais, même après l'indétrônable Jean Tibéri. Et si tout basculait le 28 juin prochain, lors du second tour des élections municipales ? Un enjeu de taille pour la maire sortante, la socialiste Anne Hidalgo.

Traditionnellement; les électeurs du Ve arrondissement parisien votent à gauche aux scrutins nationaux, mais à droite à chaque élection locale. L'arrondissement devient un enjeu de taille pour la maire sortante
Traditionnellement; les électeurs du Ve arrondissement parisien votent à gauche aux scrutins nationaux, mais à droite à chaque élection locale. L'arrondissement devient un enjeu de taille pour la maire sortante © AFP / JOEL SAGET

Le Vème arrondissement de Paris, c'est le cœur historique de la capitale. C'est la Sorbonne, le jardin du Luxembourg, la rue Soufflot qui mène au Panthéon. Étrangement, les électeurs du Ve arrondissement votent à gauche aux scrutins nationaux, mais à droite à chaque élection locale. Sans surprise, Florence Berthout est donc arrivée en tête, le 15 mars dernier (28,49%) mais suivie de près par la candidate socialiste Marie-Christine Lemardeley (25,41%).  

L'électorat de droite troublé par l’ambiguïté de sa candidate

Maire sortante de cet arrondissement, Florence Berthout a été élue en 2014 sous la bannière UMP, devenue l'année suivante "Les Républicains". Il y a six mois, elle accepte la main tendue de La République en Marche avant de se ré-associer à la droite, entre les deux tours, pour espérer gagner. Des zig-zags un peu trop nombreux qui, sur le terrain, lui sont fatalement reprochés. Est-elle la candidate de Rachida Dati ? Est-elle celle d'Agnès Buzyn ? Toutes les deux la revendiquent et personne n'y comprend plus rien.

"J'assume ce positionnement particulier, qui me permet aujourd'hui d'être la seule tête de liste parisienne qui a la double investiture. Au lieu de passer mon temps dans les chicayas, je rassemble !" (Florence Berthout, maire du Ve arr. de Paris)

Pour la gauche, le Vème arrondissement devient une "terre de mission" à portée de main

La candidate socialiste, Marie-Christine Lemardeley, est l'ancienne présidente de l'Université Paris 3 Sorbonne. Elle est depuis six ans dans l'équipe municipale d'Anne Hidalgo, adjointe chargée des Universités, et bien implantée dans son arrondissement. Lui reste à observer depuis deux semaines, le ballet de ses soutiens : le plus important et sans doute le plus inattendu, celui de Bertrand Delanoë. L'ancien maire socialiste (de 2001 à 2014), qui ne veut plus s'afficher officiellement dans la capitale, a visiblement estimé que le contexte - dans le Vème arrondissement - méritait une exception...  

"Madame Hidalgo ne veut pas de vagues, pas de bruit. Et puis, si effectivement ceux qui n'avaient pas voté au premier tour pouvaient ne pas voter au second tour, ce serait très bien !", dénonce Rachida Dati. "On a un programme et des valeurs", lui rétorque son adversaire socialiste. 

Après 15 jours de campagne, trois fois déjà, Anne Hidalgo s'est affichée aux côtés de Marie-Christine Lemardeley. Parviendra-t-elle à faire basculer - pour la 1ère fois - la mairie du Vème ? Certes, ce serait surtout symbolique puisque cet arrondissement n'apporte que quatre conseillers de Paris (sur 163). Mais l'alliance socialiste/écologiste/communiste/Génération.s détiendrait alors 13 des 20 arrondissements parisiens. 

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