"Veille de scrutin présidentiel en Egypte", reportage en direct du Caire de Vanessa Descouraux

Abdel Moneim Aboul Fotouh, l'un des candidats à l'élection présidentielle egyptienne
Abdel Moneim Aboul Fotouh, l'un des candidats à l'élection présidentielle egyptienne © CC / World Economic Forum

Le zoom de la rédaction nous conduit en Egypte ce matin…

Demain et après-demain, 50 millions d’Egyptiens vont élire leur nouveau président … Plus d’un an après la chute d’Hosni Moubarak, le choix devrait se faire entre un président islamiste ou des proches de l’ancien régime…

En direct du Caire, reportage de Vanessa Descouraux, avec Jean-Pierre Pernel .

Onze candidats, quatre ou cinq noms favoris, mais ici, plus qu’ailleurs, il ne faut pas se fier aux sondages. Les enquêtes d’opinion n’en sont qu’à leurs balbutiements.

Cela dit, un personnage tire son épingle du jeu ; Il s’appelle Abdel Moneim Aboul Fotouh, un ancien des Frères Musulmans, il a été exclu de la confrérie, mais surtout, le succès de sa candidature, il le doit à sa présence assidue sur la place Tahrir lors de l’hiver 2011.

Du coup, beaucoup de jeunes révolutionnaires, comme Nora, le soutiennent.

Mais cette candidature intrigue car elle réussit un pari impensable. Un grand écart politique sans précédent : attirer les libéraux, des laïcs mais aussi obtenir le soutien des partis salafistes, des fondamentalistes. Donc des univers qui n’ont rien en commun.

D’où cette question : Qui est vraiment Aboul Fotouh ? Ses adversaires n’ont pas de réponse.

Alors cette ambiance animée qu’on entend derrière nous, c’est un débat télévisé. Quatre heures de débat entre le candidat dont on vient de parler, Aboul Fotouh et un autre favori du scrutin, Amr Moussa, 76 ans, ancien ministre de Moubarak pendant 10 ans. Un feloul comme on les appelle. Feloul, pour beaucoup ici, c’est une insulte. Quelqu’un qui a profité du système.

Et dans cette élection, il y a un autre cacique de l’ancien régime :Ahmed Shafik, le dernier premier ministre de l’ère Moubarak. Son QG est très discret, sans aucune banderole, affiche. C’est devant cette maison confortable que nous avons rencontré Rami.

Et puis, il y évidemment les Frères musulmans, organisation majoritaire au Parlement. Les frères présentent un candidat de remplacement, peu charismatique, Mohamed Morsi. On dit qu’il n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Mais beaucoup de commentateurs estiment que la force de frappe des frères est sous estimée. Ils sont la seule force structurée du pays, avec l’armée.

Dimanche soir, pour le dernier grand meeting, la place devant le palais présidentiel, était pleine, nous y avons rencontré Kebira. Pour qui le social doit primer sur tout le reste, même sur le religieux.

Le rôle de l’armée plane au dessus du scrutin. Le conseil militaire a promis de céder le pouvoir au civil, une fois le président élu. Mais pour le politologue, Tewfik Aklimandos, cette élection ne règlera aucun des problèmes du pays.

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