La Corse a finalement basculé à gauche, une première depuis 26 ans. La liste d'union menée par Paul Giacobbi a récolté plus de 37 % des voix et devance le président sortant, l'UMP Camille de Rocca Serra. Mais plus que la gauche, les nationalistes sont les grands vainqueurs avec un score historiquement haut. Reportage de Nour-Eddine Zidane. _____ L’ Alsace, elle, est donc restée à droite, avec une confortable avance sur l'entente socialiste/Europe écologie. Finalement, la tradition politique alsacienne a repris ses droits. En tout cas, elle a fait mentir le rapport de force du premier tour et les sondages de l'entre deux tours, qui donnaient tous deux une rigoureuse égalité entre les deux camps, à la stupéfaction des observateurs de tous poils. Eh bien, non, l'Alsace reste l'Alsace... La droite revient en force sur ce deuxième tour, aidé par un étonnant sursaut de la participation, qui a grimpé de 9 points entre ces deux dimanches, dans une région habituée à une abstention plus forte qu'au niveau national. Avec plus de 46 % des suffrages, le sénateur UMP Philippe Richert fait mieux qu'Adrien Zeller en 2004 et devance de 7 points Jacques Bigot pour l'entente PS/Europe Ecologie. Le Front National, Patrick Binder, se contente (entre guillement) de 14,5 %. Il n'améliore son score du premier tour que d'un point alors qu'en 2004, il était passé de 18 à 22 %. C'est la confirmation que le Front National se tasse, aidé sans doute par un réflexe de vote utile de certains électeurs frontistes effrayés à la perspective d'une Alsace à gauche. C'est donc une défaite de la gauche alsacienne, mais défaite mesurée et particulièrement contrastée. C'est l'enseignement de ce scrutin. Il y a désormais deux Alsaces : celle des villes et celle des campagnes. Les petites communes, en particulier dans le Bas-Rhin, se sont massivement mobilisées en faveur de l'UMP. Tandis qu'à Strasbourg, le PS qui gère la ville avec les écologistes fait un carton avec près de 55 % des suffrages contre 38 % à l'UMP. Même chose à Mulhouse, la ville de Jean-Marie Bockel, le ministre d'ouverture. 47 % pour la gauche contre 35 % à la droite. C'est clairement l'échec du mouvement gauche moderne de Jean-Marie Bockel. A Colmar, fief historique de la droite, le socialiste Jacques Bigot est aussi en tête. Alors si la gauche n'a pas réussi son pari, elle a gagné du terrain. Le Front National est en repli. Et le centre, si cher à l'Alsace, a disparu. Christophe Beck, rédacteur en chef de France Bleu Alsace, en direct de Strasbourg.

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