Un reportage signé Christian Chesnot Intervention militaire pour sauver l'insurrection libyenne, écrasement de la révolte à Bahrein par les blindés saoudiens, massacre au Yémen, ou le Président Saleh a fait tirer sur les manifestants. Partout dans le monde arabe, les régimes en place sont passés à la contre-offensive avec comme mot d'ordre "pas de quartier pour les contestataires". Le vent tourne, les printemps arabes sont aujourd'hui menacés. Après l'effet de surprise, les régimes contre-attaquent et pas seulement avec des pétro-dollars, mais avec chars et des tirs à balles réelles. En Libye, le colonel Kadhafi était à deux doigts de reprendre Benghazi et de liquider l'insurrection, si la coalition internationale n'était pas intervenue. Mais cette intervention militaire, légitimée par l'ONU, n'est pas évidente pour tout le monde, explique Lakhdar Brahimi, ex-ministre algérien des Affaires étrangères. Interview de Lakhdar Brahimi D'autant que le colonel Khadafi n'a pas encore dit son dernier mot. Il lui reste des cartes à jouer, estime Denis Bauchard, ancien ambassadeur de France en Jordanie. Interview de Denis Bauchard - Situation imprévisible en Libye et dans l'Egypte voisine, la transition est compliquée. L'appareil répressif est toujours en place. La tête du pouvoir égyptien est tombée, mais le corps du régime, lui, est intact. Au quotidien, ce sont toujours l'armée et la police qui tirent les ficelles. On a changé le nom des services, la sinistre et redoutée "sécurité d'Etat" a été démantelée, mais bien vite reconstituée : les hommes de la répression ont été recyclés et sont toujours en activité. Selon le bureau au Caire de la Féderation Internationale des Droits de l'Homme, la FIDH, l'armée interpelle et continue de torturer dans les prisons égytiennes comme au bon vieux temps de Moubarak. Autre point chaud de la révolte arabe : le Golfe et le Yémen, où les Occidentaux n'ont pas réagi avec la même vigueur qu'en Libye. On a même l'impression d'une indignation occidentale à géométrie variable. Personne n'a trouvé à redire à l'intervention militaire de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar au Bahrein. Il faut dire qu'Américains et Européens ont de gros intérêts dans cette zone. Ceci explique sans doute cela, analyse Fatiha Dazi-Heni, politologue spécialiste du Golfe. Interview de Fatiha Dazi-Heni

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